À peine en fonction, Martin Pfister parle comme s'il avait toujours fait partie de l'administration fédérale bernoise. Le nouveau chef du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) se montre réservé, soulignant surtout les contraintes telles que le frein à l'endettement ou la souveraineté budgétaire du parlement.
© KEYSTONE / PETER KLAUNZER
De toute évidence, le conseiller fédéral du centre ne veut pas, au début de son mandat, susciter des attentes dont il ne peut garantir la réalisation. Un exemple de ce début prudent : Il laisse la réhabilitation de Mitholz se poursuivre, bien que des experts militaires aient entre-temps démontré qu’il n’existe plus de danger provenant de l'ancien dépôt de munitions.
Ces millions de francs publics investis dans la montagne pourraient bien mieux être utilisés ailleurs par Pfister. Cependant, il n'a pas le courage politique de remettre en question l'assurance tous risques excessive de sa prédécesseure. Il souhaite également poursuivre l'intégration à l'UE et à l'OTAN dans le style de Viola Amherd. Il l’avait déjà promis aux parlementaires avant son élection. C'est pourquoi il a réussi à se faire élire au Conseil fédéral.
Néanmoins, le nouveau chef semble savoir de quoi il s'agit principalement au DDPS : de la sécurité de la Suisse et de sa population, et non des quotas de femmes, de la non-binarité ou d'autres phénomènes de mode que sa prédécesseuse a toujours mis au premier plan. Même les journalistes renoncent à poser des questions sur de tels sujets lors de la séance plénière. Il semble que la gravité de la situation ait été reconnue. Il y a là de quoi bâtir quelque chose.