Le Conseil fédéral a décidé mercredi d'augmenter temporairement la TVA de 0,8 point de pourcentage. Le surcoût pour la population devrait rapporter environ 30 milliards de francs au Département de la Défense (DDPS). Avec cette somme, le conseiller fédéral Martin Pfister, du centre, souhaite moderniser une armée négligée depuis des décennies, dans un contexte de « détérioration du climat de sécurité ». Cette augmentation est limitée à dix ans. Toute éventuelle prolongation devrait être soumise à un référendum. Pour Pfister, c'est un succès d'avoir réussi à convaincre ses collègues. Mais dès les heures suivant la séance du Conseil fédéral, il est devenu clair: le projet est mort-né. Même au Parlement, cela risque d'être difficile.
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Seul le parti centriste de Pfister soutient la solution de son conseiller fédéral. Les autres partis bourgeois du Conseil fédéral, le PLR et l'UDC, plaident clairement pour une armée forte, mais tout aussi clairement contre une augmentation d'impôt. Alors que le PLR suggère au Conseil fédéral de générer des recettes supplémentaires par d'autres moyens (par exemple, en vendant les actions de Swisscom), l'UDC exige que les milliards destinés au système d'asile soient utilisés pour l'armée. Ce que dit le PS n'a pas d'importance. Le Parti socialiste souhaite de toute façon abolir l'armée, ce « club folklorique » (Fabian Molina). Le programme du parti indique encore aujourd'hui, quatre ans après l'invasion de la Russie en Ukraine: « Les dépenses actuelles pour l'armée suisse doivent être entièrement réorientées vers la promotion internationale de la paix. »
Même si Pfister réussissait à faire passer son projet au Parlement, le défi auprès du peuple serait encore plus grand. Des votes tels que ceux sur la 13e rente AVS ou encore l'expansion des autoroutes indiquent que la sensibilité helvétique, en ce qui concerne son propre porte-monnaie, s'est récemment aiguisée. L'initiative de réduction de moitié de mars fournira une indication supplémentaire. Bien que l'initiative puisse être rejetée, la question sera la suivante: quelle proportion de la population est prête à payer 135 francs de plus par an pour réduire les programmes télévisés et radiophoniques de la SSR, sacrifiant ainsi une vache sacrée?
Ce qui ne sera sûrement pas bien perçu par le peuple, c'est l'attitude presque suffisante du Conseil fédéral, affirmant qu'il est tout simplement impossible de réorienter les importants revenus actuels de l'État en faveur de l'armée. Le seul département des affaires étrangères a, selon ses propres dires, dépensé de 2021 à 2024 plus de 5 milliards de francs dans des projets d'aide au développement inefficaces, on pourrait dire: littéralement jetés par les fenêtres. Rien qu'en 2024, le DFAE a versé 188 millions de francs supplémentaires à des organisations de l'ONU, sans obligation légale, volontairement.
Ces dépenses ont toutes été « démocratiquement décidées », a déclaré Pfister un peu brusquement à la demande de Weltwoche. Si le Conseil fédéral n'envoie pas un signal clair qu'il est prêt à faire des « sacrifices », il sera difficile de convaincre la population de payer plus de taxes sur sa consommation et ses services. Le Conseil fédéral est clairement déterminé à annuler l'augmentation de la TVA après dix ans, a déclaré le conseiller fédéral Pfister lors de la conférence de presse. On aimerait bien croire cela au chef du DDPS.