Le système judiciaire suisse est comme un clavier. Celui qui sait le mieux en jouer impose la mélodie.
Le Kosovare qui, le 2 février à Zurich, a frappé et blessé un Juif orthodoxe n’est lui-même probablement pas un virtuose du clavier. Mais ceux qui l’ont aidé, si: activistes, conseillers juridiques, juristes.
Ennio Leanza/Keystone
Un individu arrive à douze ans dans un pays d’accueil, commet déjà de plus en plus de délits violents durant sa jeunesse, accumule les condamnations pénales à grande échelle.
Le pays d’accueil récompense cette énergie criminelle par un engagement maximal. Dans une école spécialisée, il bénéficie d’une attention particulière. Ensuite, il obtient la chance de suivre une formation professionnelle, qu’il abandonne.
Comme l’homme utilise le temps libre ainsi gagné pour commettre des crimes, l’État perd entre-temps patience: l’autorisation d’établissement lui est retirée. Mais le clavier a encore d’autres touches.
On peut par exemple déposer une demande d’asile pour cause de « persécution politique » dans l’ancienne patrie. Le Kosovo persécuterait politiquement un quadragénaire qui a quitté le pays il y a 28 ans, à l’âge de douze ans? Personne ne pose de questions.
À présent, les doigts volent littéralement sur les touches. Le tout nouveau requérant d’asile ne peut pas être expulsé, estime le Tribunal administratif fédéral. Car, au Kosovo, la psychiatrie ne miserait pas sur un « traitement interdisciplinaire ». Or l’homme en aurait apparemment besoin pour guérir.
On ne veut même pas imaginer ce qui aurait pu se passer à Zurich s’il n’était pas, grâce aux guérisseurs miraculeux suisses, en voie de rétablissement.
Le grand final de la symphonie: la constatation du Tribunal administratif fédéral selon laquelle le traitement médical du Kosovare doit être considéré comme plus important que l’intérêt du public à la sécurité.
Cela ressemble à un manuel pour les étrangers criminels qui veulent se prémunir contre une expulsion. On dirait un appel lancé à toutes les personnes psychiquement fragiles du monde pour qu’elles viennent demander l’asile ici.
Et c’est la preuve que ceux qui sont ouverts à tous les vents ne peuvent pas être tout à fait étanches.