Dans un article du 17 février 2022, SRF.ch prétendait que Dadvan Yousuf était indirectement lié à des transactions potentiellement illégales. Les auteures de l'article étaient Charlotte Jacquemart – tristement célèbre pour sa couverture ratée de l'affaire Swissfirst Bank dans la NZZ am Sonntag, où elle travaille à nouveau aujourd'hui – et Stefanie Pauli, qui est toujours active chez SRF Investigativ.
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Les accusations des deux journalistes économiques étaient autant lourdes qu'erronées. Elles ont mentionné le nom de l’investisseur, alors âgé de 21 ans, Dadvan Yousuf en lien avec des transactions suspectes, des escrocs, le financement du terrorisme et des connexions avec la Russie et l'Ukraine. La Weltwoche a rapporté à plusieurs reprises sur les sources douteuses, les méthodes de recherche SRF médiocres ainsi que les ordonnances pénales (n° 23/22, 46/24, en ligne le 10 novembre 2024). Il est inutile de souligner à quel point une accusation de financement du terrorisme nuit à la réputation de Yousuf, avec son arrière-plan migratoire irako-kurde.
Les accusations se sont avérées infondées et évidemment attentatoires à la personnalité, avec toutes les conséquences pénales et civiles. Néanmoins, le Ministère public de Zurich Limmat a émis une ordonnance de classement, corrigée par le Tribunal supérieur : il a émis des ordonnances pénales valides contre les deux rédactrices fautives de SRF.
Pour éviter de nouvelles procédures onéreuses, le litige a été réglé par un accord. Dans celui-ci, les co-rédacteurs en chef Ursula Gabathuler et Beat Soltermann de SRF Audio/Digital s'excusent auprès de Dadvan Yousuf pour « l'atteinte à la personnalité constatée ». De plus, les articles concernés ainsi que l'enregistrement audio associé doivent être retirés de toutes les plateformes SRF et de la base de données médiatique suisse (SMD). En contrepartie, Yousuf s'engage à retirer sa plainte pénale contre SRF et à ne pas intenter de procès civil.
Une clause de confidentialité avec une pénalité conventionnelle de 10.000 francs faisait également partie de l'accord. Dadvan Yousuf a décidé « par principe » de rompre cette clause et déclare à ce sujet : « Un accord ne doit pas être un moyen de dissimulation. Lorsque les médias de service public commettent des erreurs graves qui mettent en danger des vies et enfreignent les normes journalistiques, le public a droit à une transparence totale. »
Sa déclaration aux médias est perçue par Dadvan Yousuf comme un « appel urgent aux médias suisses pour examiner les sources particulièrement en cas d'accusations graves et potentiellement menaçantes pour l'existence, de manière critique et minutieuse. » Il a donc libéré cette déclaration pour publication immédiate.