Donald Trump est de plus en plus souvent qualifié de « fasciste » par ses adversaires – moins parce qu’il correspond exactement à cette catégorie que parce que certains schémas chez lui agissent comme des signaux d’alarme.
Premièrement, sa rhétorique du « nous contre eux »: les médias comme « fake news », les administrations comme « deep state », les adversaires politiques comme des ennemis. Les critiques y voient une délégitimation des institutions. Deuxièmement, sa politique répressive de law and order et de contrôle des frontières, souvent formulée dans un langage drastique; pour beaucoup, cela paraît autoritaire. Troisièmement, la controverse autour de l’élection de 2020 et l’escalade autour du 6 janvier: quiconque remet en cause la reconnaissance des résultats déclenche des comparaisons avec les dictatures. Quatrièmement, sa proximité avec des partisans radicaux dont Trump ne se distancie pas toujours aussi clairement que ses opposants l’exigent. Cinquièmement, son style « homme fort », qui met l’accent sur la loyauté et la personnalisation.
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C’est précisément pour cette raison que la précision conceptuelle est utile: le fascisme signifie l’abolition de la démocratie pluraliste, la mise au pas de la justice et des médias, le parti unique et la violence politique systématique. Sous Trump, il n’existe ni plan de transformation abouti en ce sens ni structure unifiée fonctionnelle.
Deux contre-exemples concrets: premièrement, des tribunaux indépendants l’ont à plusieurs reprises stoppé – et les jugements ont été appliqués. Dans un système fasciste, les juges seraient éliminés, non simplement désavoués. Deuxièmement: les médias critiques sont restés libres, bruyants et d’investigation; il n’y a pas eu de mise au pas étatique, mais une opposition quotidienne.
Ceux qui soutiennent Trump voient plutôt en lui un représentant populiste d’intérêts, qui accentue des thèmes réels (frontières, emplois, arrogance des élites), met « Washington » sous pression et s’est pour l’essentiel servi de procédures régulières. On peut critiquer son style – mais l’accusation de fascisme remplace trop souvent l’analyse par la morale et bloque le débat dont une démocratie a besoin.
Le Dr Florian Hartleb est professeur de relations internationales à la Modul University Vienna et auteur de son nouveau livre paru à l’automne 2025, « Teenager-Terroristen. Wie unsere Kinder radikalisiert werden – und wie wir sie schützen können ».