Le ministre fédéral de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, classe l’AfD comme «d’extrême droite» et justifie cette appréciation, dans un entretien avec la Frankfurter Allgemeine Zeitung, par des caractéristiques de fond et de structure au sein du parti. «Nous ne parlons pas ici de partis de droite, nous parlons de l’AfD. Et, selon mon appréciation personnelle, il s’agit d’un parti d’extrême droite», a déclaré Dobrindt.
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Le ministre cite comme point central l’existence de courants extrémistes au sein du parti. Un tribunal a constaté que «des éléments extrémistes sont reconnaissables», même si cela ne suffit pas encore juridiquement pour classer l’ensemble du parti en conséquence. Cette appréciation doit désormais être réexaminée.
Dobrindt voit en outre un risque politique fondamental dans la manière de traiter l’AfD. Il exclut catégoriquement toute coopération avec ce parti. Une telle coopération serait «stratégiquement fatale» et accentuerait encore la polarisation de la société. L’objectif doit être de garantir des majorités au centre de l’échiquier politique et de combattre les extrêmes.
Le ministre renvoie également à un principe directeur historique de l’Union: les partis situés à la droite de la CDU et de la CSU ne doivent pas faire partie de l’architecture démocratique du pouvoir, mais doivent être combattus politiquement. Il en déduit une ligne de démarcation claire vis-à-vis de l’AfD.
Comme autre justification, Dobrindt évoque le rôle de l’AfD dans le débat politique. Les positions et les schémas argumentatifs du parti contribueraient à la polarisation de la société. Il convient de repousser activement cette évolution.
Cette classification reste politiquement controversée et n’est pas définitivement clarifiée sur le plan juridique. Une procédure principale visant à évaluer le parti par l’Office de protection de la Constitution est encore en suspens.