Lors de sa séance de vendredi, le Conseil fédéral a confirmé qu’un état de guerre règne entre les États-Unis–Israël et l’Iran. En conséquence, le droit de la neutralité s’applique à l’égard des parties au conflit. Lors d’une séance extraordinaire samedi, le Conseil fédéral a ensuite décidé de ne pas autoriser les survols d’avions de reconnaissance américains. D’autres survols, qui ne sont pas liés à la guerre, ont été approuvés.
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Dans un communiqué, le Conseil fédéral précise: « Le droit de la neutralité interdit les survols par les parties au conflit poursuivant un but militaire en lien avec le conflit. Sont autorisés les transits humanitaires et médicaux, y compris le transport de blessés, ainsi que les survols qui n’ont aucun lien avec le conflit. » Par cette annonce claire de samedi, selon laquelle toutes les parties au conflit doivent être traitées de manière égale, le Conseil fédéral retrouve la neutralité dans la guerre avec l’Iran.
Il avait réagi tout autrement en 2022, après l’escalade de la guerre en Ukraine. Bien que la Suisse ait, du strict point de vue du droit de la neutralité, maintenu l’équidistance et n’ait pas non plus livré d’armes aux Ukrainiens, le Conseil fédéral a repris le narratif et les sanctions de l’UE contre la Russie – ce que tant les États-Unis que la Russie ont interprété comme une violation de la neutralité.
Reste à voir comment cette décision du Conseil fédéral sera accueillie. Comme le rapporte le Sonntagsblick, le président de la Confédération et ministre de l’Économie Guy Parmelin (UDC) se serait opposé à qualifier déjà à ce stade les événements au Proche-Orient de guerre. Parmelin ne voudrait pas fâcher les États-Unis en plein milieu des négociations sur un accord douanier.
Il n’est pas absurde de supposer que, par exemple, les deux conseillers fédéraux socialistes, mais aussi les fonctionnaires de gauche du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), acceptent délibérément les effets négatifs collatéraux dans le dossier douanier avec les États-Unis et aient donc appuyé sur l’accélérateur lors de la décision du Conseil fédéral. Les preuves de l’antiaméricanisme ne manquent pas à Berne fédérale.
Les « turbo-UE » ont eux aussi intérêt à ce que les relations entre la Suisse et les États-Unis restent tendues. C’est pourquoi ils se montrent très rapidement très neutres à l’égard de Poutine et de Trump, mais pas du tout envers Bruxelles. Des efforts sont en cours pour que la Suisse s’aligne à l’avenir sur l’UE également dans le domaine de la politique de sécurité – et en aucun cas sur les Américains.