L’historien et publiciste Rainer Zitelmann met en garde, dans une tribune pour le portail économique britannique City AM, contre le fait que la liberté d’expression en Allemagne est de plus en plus sous pression. Il rapporte être lui-même confronté pour la première fois à une procédure pénale, qu’il considère comme un signal d’alarme symptomatique. « En Allemagne, il existe actuellement une offensive massive visant à restreindre la liberté d’expression », écrit Zitelmann.
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Selon lui, le déclencheur est un message publié sur la plateforme X en décembre 2025, dans lequel il a partagé une caricature opposant Adolf Hitler et Vladimir Poutine. La police de Berlin a alors ouvert une procédure pour « utilisation de symboles de organisations anticonstitutionnelles et terroristes ». Zitelmann critique le fait qu’une disposition initialement conçue pour lutter contre la propagande nazie soit désormais instrumentalisée contre des personnes qui sont elles-mêmes des adversaires des idéologies extrémistes. Outre lui, d’autres intellectuels libéraux ou conservateurs comme Norbert Bolz ou Jan Fleischhauer seraient également dans le viseur.
Il se montre particulièrement critique à l’égard des plateformes de signalement de l’extrémisme soutenues par l’État. À l’exemple de la structure « Hessen gegen Rechts » (« Hesse contre la droite »), il écrit: « Rien que la dénomination montre le problème: il ne s’agit pas d’un bureau de signalement contre l’extrémisme de droite, mais contre la droite. » Ce terme serait si large qu’il pourrait également englober des conservateurs ou des libéraux démocratiques.
Zitelmann y voit l’élément d’une tendance plus large dans la manière de traiter les opinions controversées. Alors qu’autrefois la pression sociale exercée par la « cancel culture » dominait, le conflit se déplace désormais de plus en plus vers des procédures juridiques et administratives. Face à une justice qui lutte déjà contre un nombre croissant d’affaires en suspens, il appelle à un retour aux valeurs fondamentales libérales.