La Confédération prévoyait jusqu'à présent un déficit de 10,5 milliards de francs pour l'AVS d'ici 2040. Maintenant, la ministre des Affaires sociales, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider (SP), a annoncé qu'il ne sera finalement « que » de 3,4 milliards.
Ces allers-retours constants autour des trous financiers dans l'assurance vieillesse ne renforcent pas vraiment la confiance dans les calculs et présentations de l'administration fédérale. D'autant plus que les documents de l'Office fédéral des assurances sociales déclarent : « Les perspectives sur une période de plus de dix ans sont soumises à une incertitude croissante et peuvent donc être grandement révisées. »
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Quel est le sens de présenter constamment de nouveaux chiffres, avec une très courte durée de vie ?
Mais c'est de la même manière que la Confédération opère pour les émissions de CO₂ et la politique climatique. On calcule sur des décennies combien de CO₂ sera relâché dans l'atmosphère, et de combien de tonnes nous devons réduire ce gaz à effet de serre pour éviter un réchauffement climatique d'un degré et demi ou plus d'ici 2050. Sur cette base, on nous impose ensuite un système énergétique qui met encore en péril notre sécurité d'approvisionnement en électricité.
Le fait est que nous ne réussissons même pas à prévoir de manière fiable le budget de l'année suivante. Entre le budget et le compte, il y a parfois presque des « années-lumière ». Ainsi, l'année dernière, la Confédération a presque atteint un compte équilibré, alors qu'un déficit de 2,6 milliards était prédit dans le budget.
Mais dans le cas de l'AVS et de la politique énergétique, on continue à prendre aujourd'hui des décisions importantes pour tous sur la base d'une réalité incertaine sur des décennies.