La cheffe de l'AfD, Alice Weidel, a présenté au Bundestag un «plan pour l'Allemagne» qui contient en grande partie des revendications de la CDU. Deux tiers des douze points du programme peuvent être associés directement, selon une analyse du portail d'information Nius, à des positions de l'Union – jusqu'aux similitudes littérales.
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Weidel a notamment demandé un «retour à l'énergie nucléaire», l'«abolition du prix du CO2» ainsi que des «expulsions rigoureuses» des migrants illégaux. Elle s'est explicitement adressée au Chancelier fédéral Friedrich Merz (CDU) en proposant une «majorité droite-citoyenne» au Bundestag. Merz a immédiatement rejeté la proposition. Le plan ne contient aucune réponse aux crises internationales et ne représente pas une «politique approuvable».
Sur le fond, on trouve cependant de nombreuses convergences: sur le thème de l'énergie, l'AfD demande la fin de la transition énergétique – la CDU avait encore envisagé un retour à l'énergie nucléaire lors de la campagne électorale. Quant à la demande de réduction de la bureaucratie et des impôts – qualifiée par Weidel de «libération de l'économie» – il y a un accord total. Il en va de même pour l'objectif de changement migratoire: l'appel de Weidel à des contrôles aux frontières et à des expulsions rappelle fortement des déclarations que Merz avait déjà faites en tant que chef de l'opposition.
Les visions sont moins convergentes sur les dépenses de l'État, le financement des ONG ou la réforme de la radiodiffusion publique. Sur ces points, l'AfD va clairement plus loin que l'Union.
Nius conclut: en moyenne, l'accord de fond est de 70 %. Néanmoins, une collaboration reste exclue – du moins de la part de la direction de la CDU.