Cette lettre ouverte sera envoyée le week-end du 20 et 21 décembre 2025 au département fédéral des affaires étrangères. Elle a été initiée par l'expert en neutralité Dr. Pascal Lottaz, professeur associé à l'Université de Kyoto – Vous pouvez vous inscrire comme co-signataire dans le formulaire lié. Nous la documentons dans son intégralité. Intervention du DFAE en faveur de deux citoyens suisses sanctionnés sur la liste de sanctions de l'UE Monsieur le Conseiller fédéral, Monsieur le Chef du DFAE, En tant que citoyens suisses issus des domaines académiques, diplomatiques, journalistiques, activistes et juridiques, nous nous adressons à vous. Avec consternation, nous avons appris que deux citoyens suisses – le Colonel Jacques Baud et Nathalie Yamb – ont été placés sur une liste de sanctions de l'Union européenne sans qu'une procédure judiciaire régulière ait été menée à leur encontre, sans qu'ils aient eu droit à être entendus légalement ni que des actes légalement répréhensibles leur aient été prouvés. Les sanctions semblent manifestement basées sur des expressions d'opinions politiques et des déclarations publiques. Selon nous, cette démarche constitue une atteinte grave aux droits humains fondamentaux, notamment à:
- la liberté d'opinion et d'expression,
- le droit à un procès équitable,
- ainsi que la protection contre des sanctions arbitraires.
Que des citoyens suisses soient sanctionnés de fait par une communauté étrangère sans décision judiciaire et sans audition individuelle est extrêmement problématique d'un point de vue de l'état de droit. Cela contredit des principes fondamentaux que la Suisse défend traditionnellement – tant dans le cadre de sa neutralité que de son engagement pour le droit international et les droits de l'homme. Nous estimons inacceptable que des expressions politiques – même si elles sont controversées ou gênantes – soient répondues par des mesures répressives. Une telle pratique crée un précédent dangereux qui va bien au-delà des deux personnes concernées et sape le fondement des sociétés pluralistes et démocratiques. Dans ce contexte, nous demandons explicitement au Département fédéral des affaires étrangères, dans la mesure de ses possibilités:
- d'intervenir formellement auprès de l'Union européenne,
- de protester contre l'inscription de citoyens suisses sur la liste de sanctions de l'UE,
- de les soutenir et protéger consulaires pleinement,
- d'interdire aux banques, institutions de crédit et autres entreprises suisses de mettre en œuvre des sanctions de l'UE contre ces personnes au niveau national.
Nous attendons de la Suisse qu'elle protège ses citoyens lorsque leurs droits fondamentaux sont restreints sans fondement judiciaire, indépendamment du fait que leurs positions politiques soient majoritaires ou non. La protection de l'état de droit ne doit jamais dépendre de l'accord sur le contenu. Monsieur le Conseiller fédéral, nous vous prions instamment d'accorder à cette affaire l'attention nécessaire et d'agir dans le sens de la tradition de l'état de droit en Suisse. Nous apprécierions un retour sur la position et les actions du DFAE. Avec nos meilleures salutations Dr. Pascal Lottaz, Professeur associé, Université de Kyoto