Le député cantonal schwytzois Jan Stocker (UDC) a déposé une réclamation auprès de l’ombudsman de la SRF au sujet d’un reportage de l’émission politique «Echo der Zeit» de Radio SRF. Le 6 février, il y a été affirmé que les impôts bas seraient le principal moteur de la hausse des loyers dans le canton de Schwytz. Du côté politique, seul le président du groupe cantonal du PS a été interrogé; les voix bourgeoises ou celles du gouvernement cantonal, responsable de la politique fiscale, ont totalement fait défaut. Comme unique expert externe, Donato Scognamiglio de l’Université de Berne est intervenu, soutenant pour l’essentiel la thèse de la SRF. Ainsi, l’affirmation de la SRF selon laquelle Schwytz serait «en bonne voie de devenir un deuxième Zoug» en raison de ses impôts bas est restée sans contradiction.
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En réalité, Schwytz n’est nullement un cas particulier, mais fait partie d’une tendance observée dans toute la Suisse. Le principal moteur de la hausse des loyers et des prix de l’immobilier y est également la croissance démographique. Imputer principalement cette évolution à la politique de bas niveau d’imposition, comme le fait l’émission «Echo der Zeit», est erroné. Le facteur déterminant est la croissance démographique supérieure à la moyenne: plus de personnes signifient une demande accrue de logements. Lorsque la demande augmente plus vite que l’offre, les prix et les loyers montent – indépendamment d’une baisse ou non des impôts.
C’est précisément cette mise en perspective qui faisait défaut dans le reportage de la SRF «Impôts bas et loyers élevés». La pression sur le marché du logement augmente dans de nombreuses régions de Suisse, car notre pays connaît une forte croissance depuis des années. Dans sa réclamation, le député cantonal Jan Stocker montre que le canton de Schwytz croît plus fortement que la moyenne suisse, mais construit également davantage que la moyenne – en moyenne environ 900 nouveaux logements par an. Néanmoins, le taux de logements vacants reste depuis des années constamment inférieur à la moyenne suisse.
Plus le taux de logements vacants est bas, plus l’offre disponible est restreinte – la conséquence logique en est la hausse des loyers et des prix de l’immobilier. Et cela depuis des années, bien avant les récentes baisses du taux d’imposition. Il faut y ajouter que Schwytz est attractif depuis longtemps – en raison de sa situation géographique, de sa proximité avec la région économique de Zurich, de ses zones de détente de grande qualité et d’une culture libérale.
Des impôts bas sont un facteur, mais ils n’expliquent pas pourquoi la pression sur le marché du logement augmente dans toute la Suisse. Quiconque souhaite mener ce débat de manière sérieuse doit s’attaquer au principal moteur: la forte croissance démographique conjuguée à une offre limitée.