La Grande-Bretagne prépare une réorientation de sa politique du Brexit. Comme l'indique The Independent, le Premier ministre Keir Starmer souhaite introduire une loi permettant aux ministres de réaligner plus étroitement le Royaume-Uni sur les règles de l'UE dans certains domaines. Cela concerne notamment les normes alimentaires, la protection animale et l'utilisation des pesticides. L'objectif est de réduire la bureaucratie pour les exportateurs et de promouvoir la croissance économique. L'initiative législative prévue fait partie d'une «réinitialisation du Brexit» plus large. Grâce à un «alignement dynamique», le gouvernement pourrait à l'avenir réagir plus rapidement aux nouvelles directives de l'UE, par exemple si Bruxelles et Londres s'accordent sur des normes communes pour le marché de l'électricité ou les certificats d'émission. En pratique, de nombreux producteurs britanniques continuent déjà de suivre les normes de l'UE. Pour eux, ce pas amènerait principalement moins de paperasse.
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Cependant, ces plans sont controversés sur le plan intérieur. Alors que Starmer souligne la nécessité de se rapprocher du marché intérieur de l'UE «dans l'intérêt national», les conservateurs et le Parti de la réforme accusent le Premier ministre de vouloir «révoquer» le Brexit. Nigel Farage a parlé d'une tentative de «céder notre souveraineté parlementaire». Pendant ce temps, une réaction de Bruxelles a un impact significatif: l'UE exige, en cas de retrait des futurs accords, une compensation financière - une clause déjà informellement appelée «clause Farage». Selon la Financial Times, un projet d'accord vétérinaire inclut une disposition stipulant que la Grande-Bretagne devra payer si elle résilie unilatéralement l'accord. L'UE souhaite ainsi se protéger contre une potentielle victoire du Parti de la réforme. La compensation couvrirait notamment les investissements dans les contrôles frontaliers. En plus des frais de participation, une somme forfaitaire de quatre pour cent serait prévue. La condition préalable serait que la Grande-Bretagne adopte automatiquement les nouvelles règles de l'UE dans les domaines concernés.