La neutralité suisse est le moyen éprouvé de la Suisse pour prévenir les guerres. Mais les politiciens veulent y renoncer. Ainsi, le risque de guerre augmente dans notre pays. C’est pourquoi 80 pour cent des citoyens ne veulent pas abandonner la neutralité suisse.
Être neutre – « rester tranquille » – empêche les politiciens de mener une politique mondiale dangereuse – en particulier une politique de guerre. Car la neutralité dit: « Halte! Vous, gouvernants, devez être neutres et ne devez pas vous mêler des querelles étrangères. » C’est une sagesse ancienne et éprouvée. Niklaus von Flüe lança aux Confédérés, qui s’adonnaient avec ivresse à leur politique de grande puissance: « Ne vous chargez pas des affaires d’autrui! » L’obligation de neutralité ne vaut toutefois que pour l’État. Les citoyens, eux, doivent pouvoir exprimer librement leur opinion.
L’État et ses autorités ne doivent prendre parti dans les conflits d’autres États. La Suisse officielle doit, en tant que petit État, rester en dehors, sinon la Suisse sera entraînée dedans. Cela doit valoir en permanence, sinon la neutralité n’est pas crédible.
La neutralité figure certes deux fois dans la Constitution actuelle, mais elle n’est pas définie plus précisément. Cela ne posait pas de problème tant que la classe politique respectait la neutralité suisse comme perpétuelle, armée et intégrale (c’est-à-dire complète). Mais ce principe s’est de plus en plus délabré ces dernières années: en 2022, on s’est soumis à la guerre économique de l’UE contre la Russie, sapant ainsi le caractère « perpétuel » et « complet ». Parallèlement, l’armée a été gravement négligée.
L’initiative sur la neutralité corrige cette dérive. Elle oblige les politiciens, sur la base de la neutralité suisse, à empêcher la guerre et à préserver la paix.