Berne devait devenir le canton modèle du nouveau Parti du Centre. L’ancienne PDC y était historiquement faible, politiquement une quantité négligeable. Sans le « C », le parti, sous la présidence de Gerhard Pfister, espérait faire de grands bonds à partir d’un niveau bas. Grâce aux électeurs fusionnés du PBD, aux urbains, aux jeunes, aux femmes et à tous les autres électeurs plutôt de gauche qui se seraient sentis tellement rebutés par ce « C ». Sibylle Eigenmann, alors présidente du parti cantonal et aujourd’hui collaboratrice personnelle du conseiller fédéral du Centre Martin Pfister, se vantait d’avoir quitté l’Église catholique.
Anthony Anex/Keystone
Les élections au Grand Conseil bernois de dimanche montrent désormais que ne plus vouloir avoir quoi que ce soit à faire avec le « chrétien » n’est ni un élément distinctif ni un programme politique. Le Centre perd trois mandats et, avec seulement neuf sièges au Grand Conseil bernois, est presque aussi petit que l’UDC conservatrice nationale (avec huit sièges).
Le fait que le plan de Pfister ne fonctionne pas s’était déjà manifesté lors des élections au Grand Conseil bernois de 2022. Déjà à l’époque, au sommet du battage médiatique autour du Centre, le nouveau parti avait perdu en part électorale. L’essor espéré grâce à la fusion avec le PBD n’a pas eu lieu. Mais le mauvais résultat pouvait encore être enjolivé par le président éloquent. « Notre parti pourrait être une niche pour les électrices et électeurs du centre conservateur dans l’agglomération, qui ne se considèrent pas comme urbains et ne votent pas pour les Vert’libéraux », avait déclaré Pfister après les élections de 2022.
Quatre ans plus tard, il apparaît que les Vert’libéraux ont eux aussi dû céder du terrain (moins un siège), tout comme le PEV (moins quatre) et les Verts (moins deux sièges). Tandis que le PLR reste stable avec 18 sièges, le PS (plus quatre sièges) et l’UDC (plus sept sièges) gagnent du terrain. Le centre politique, avec Le Centre, les Vert’libéraux et le PEV, perd ses électeurs au profit de partis dont on sait, à leur nom, ce qu’ils représentent. Le nouveau président du Centre, Philipp Matthias Bregy, devrait réfléchir à la manière de récupérer le « C ».