Dans la campagne de votation en cours sur l’initiative visant la SSR, des représentants en vue du monde de la lutte suisse interviennent désormais – et se positionnent clairement contre le projet. Les anciens rois de la lutte Christian Stucki, Jörg Abderhalden et Matthias Sempach mettent en garde contre un oui à la soi-disant « initiative de réduction de moitié », comme le rapporte le portail 20 Minuten. Selon eux, ce serait fatal pour le sport, en particulier pour la lutte suisse.
Urs Flüeler/Keystone
« Un oui serait désastreux pour le sport », déclare Christian Stucki, couronné roi de la lutte en 2019. L’offre de la SSR ne couvre pas seulement la lutte suisse, mais aussi de nombreuses disciplines sportives marginales. De plus, la présence à la télévision est décisive pour les sponsors et la relève. Lui-même consomme régulièrement des contenus de la SRF comme le « Tagesschau » ou « Arena ». La dimension politique lui est certes étrangère, mais: « Le 8 mars, il en va de beaucoup pour notre sport. »
Jörg Abderhalden, multiple roi de la lutte et aujourd’hui président de l’Association de ski de Suisse orientale, argumente dans un sens similaire: « Le sport a besoin d’une SSR forte. » Les fêtes de lutte et les manifestations de ski sont un morceau de patrimoine culturel suisse qui perdrait en visibilité sans présence télévisuelle. « Ce n’est pas en dernier lieu grâce à la SRF que les lutteurs sont devenus attractifs pour les sponsors. »
Matthias Sempach, roi de 2013, déclare: « Toute personne qui aime le sport doit rejeter cette initiative. » Lui aussi ne comprend pas la position de l’UDC: « Dans ce cas, je ne comprends vraiment pas le parti. »
La réaction de l’Union démocratique du centre ne s’est pas fait attendre. Le conseiller national Manuel Strupler – lui-même un « Eidgenosse » dans la lutte suisse – réplique: « Ils ont droit à leur opinion, mais l’argument selon lequel plus aucune fête de lutte ne serait retransmise est une pure affirmation. » Strupler souligne que des chaînes privées pourraient également diffuser la lutte suisse – et qu’elles l’avaient déjà fait avant la SRF.
De plus, la production est relativement bon marché et les audiences sont bonnes. « Il n’est tout simplement pas plausible que l’on fasse des économies précisément sur la lutte suisse. »