Plusieurs États du Golfe étudient de nouveaux pipelines afin de détourner à l’avenir leurs exportations de pétrole et de gaz du détroit d’Ormuz. C’est ce que rapporte le Financial Times. En toile de fond, la crainte croissante d’un possible contrôle du détroit par l’Iran et les risques qui en découleraient pour le commerce de l’énergie.
DIVYAKANT SOLANKI / KEYSTONE
L’exemple type est l’oléoduc Est-Ouest existant en Arabie saoudite, qui transporte chaque jour environ 7 millions de barils de pétrole vers le port de Yanbu sur la mer Rouge et contourne le détroit d’Ormuz. Le patron d’Aramco, Amin Nasser, l’a qualifié de « principale voie que nous utilisons actuellement ». L’Arabie saoudite envisage donc une augmentation de sa capacité ou la construction de conduites supplémentaires.
D’autres options sont également à l’étude. Il s’agit notamment de réseaux régionaux de pipelines ainsi que de corridors internationaux, par exemple un projet reliant l’Inde, le Golfe et l’Europe. De tels projets sont toutefois considérés comme coûteux, politiquement complexes et risqués sur le plan de la sécurité. Selon les estimations, de nouvelles conduites pourraient coûter entre 5 et 20 milliards de dollars, selon le tracé.
Outre les obstacles financiers, il existe d’importants risques de sécurité, notamment en raison de régions instables ou de groupes armés. Des questions politiques concernant le contrôle et l’exploitation de ces infrastructures restent également sans réponse.
À court terme, les analystes jugent surtout réaliste l’extension des conduites existantes en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. À plus long terme, de nouveaux pipelines pourraient faire partie de routes commerciales plus vastes, qui transporteraient, outre l’énergie, d’autres marchandises.