Le parti de gauche Die Linke débat en interne de sa position vis-à-vis d’Israël et fait face à des accusations d’antisémitisme. Les coprésidents du parti, Ines Schwerdtner et Jan van Aken, ont déclaré dans un communiqué commun qu’il existait «des forces sectaires qui instrumentalisent des questions politiques sans se soucier de notre succès commun afin d’obtenir des gains de pouvoir».
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Selon un rapport du journal Welt, le déclencheur de ce débat réside notamment dans des aperçus de groupes de discussion internes ainsi que dans une motion controversée en provenance de Basse-Saxe, dans laquelle il est indiqué que l’on s’oppose au «sionisme réellement existant». Le Conseil central des Juifs a vivement critiqué cette formulation: «Le rejet démonstratif du seul État juif constitue une attaque contre le droit à l’autodétermination du peuple juif.»
La pression augmente au sein du parti. Dans une note interne de langage, on reconnaît que les débats «n’ont certainement pas aidé», car d’autres sujets que les questions sociales se sont soudain retrouvés au premier plan. Dans le même temps, certains responsables rejettent les critiques. La membre de la direction Ulrike Eifler a déclaré qu’on attribuait au parti «un problème d’antisémitisme fabriqué par l’establishment».
Les discussions internes montrent également ces tensions. La vice-présidente du parti, Luise Neuhaus-Wartenberg, écrit qu’il s’agit de clarifier publiquement: «Sommes-nous un parti antisémite et autoritaire, oui ou non.» L’ancienne vice-présidente du parti, Caren Lay, exprime des doutes quant aux appels au boycott et met en garde contre des critiques unilatérales à l’égard d’Israël.
La direction du parti tente désormais de formuler un compromis avec une nouvelle motion sur le Proche-Orient. Dans ce texte, le parti réaffirme le droit à l’existence d’Israël et qualifie le Hamas d’«organisation islamiste et antisémite». Dans le même temps, les appels au boycott sont en partie légitimés: «Les appels au boycott et aux sanctions sont des moyens légitimes de confrontation politique», indique le projet.