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Le sommet Trump-Poutine du 15 août se déroule dans un lieu symboliquement chargé : en Alaska. Cet État américain a été vendu aux États-Unis par la Russie en 1867. L'Alaska rappelle donc comment les deux géants peuvent s'entendre lorsque leurs intérêts convergent. Tous considèrent ce sommet sous l'angle de l'Ukraine. Mais Trump n'a rien à gagner dans cette affaire. Malgré les sanctions, malgré les milliards d'armes offerts à Zelensky, la position de la Russie n'a pas changé depuis les négociations d'Istanbul en mars 2022. Celles-ci auraient réussi si l'ancien président américain Joe Biden n'avait pas interdit au président ukrainien de signer. De plus, Moscou accélère son avancée militaire. Il est peu probable que Trump accepte le verdict des armes et déclare : «OK. Nous avons perdu. C'était la guerre de Biden.» En revanche, le président américain croit en une gouvernance mondiale entre superpuissances. Dans une optique gagnant-gagnant, il y aurait des annonces fracassantes à faire : - Un accord sur l'exploitation commune des immenses ressources de l'Arctique. Cette région devient de plus en plus stratégique avec la fonte des glaces. - Une reprise des négociations sur le contrôle des armes nucléaires. Pendant la guerre froide, les accords nucléaires soviéto-américains étaient le summum de la détente entre les superpuissances ennemies. Aujourd'hui, il ne reste qu'un accord en vigueur, celui sur les armes de gros calibre, qui expire en février 2026. - Un accord sur le Caucase, notamment sur le corridor reliant l'Europe à la Chine via l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Selon l'accord signé à Washington le 8 août entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, ce corridor devrait passer sous contrôle américain. Cela va à l'encontre des intérêts russes. L'esprit de détente ira-t-il jusqu'à offrir des garanties ou une participation aux Russes ? Trump a l'opportunité de détacher Moscou de l'influence de la Chine en lui offrant un partenariat d'égal à égal. Ce serait une révolution : Depuis la fin de la guerre froide, les États-Unis n'ont cherché qu'à affaiblir la Russie.