L'UDC touche un point sensible avec son initiative sur l'immigration dans la population: Selon un sondage de 20 Minutes et Tamedia, 48 % des électeurs suisses y seraient actuellement favorables - 41 % s'y opposeraient, 11 % sont indécis. L'initiative exige que la population résidente permanente de la Suisse ne dépasse pas 10 millions d'ici 2050. Si cette limite est dépassée, des accords comme la libre circulation des personnes avec l'UE devront être renégociés ou dénoncés.
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Le président de l'UDC, Marcel Dettling, se sent conforté: « De nombreuses personnes ressentent les conséquences négatives de l'immigration excessive. Et ce, de manière très directe: embouteillages, trains bondés, bétonnage de la nature, plus de violence et d'insécurité ». Selon Dettling, la pression se fait également sentir dans les écoles: « 30 % des enfants ne peuvent plus parler correctement l'allemand ».
Les critiques viennent des présidents des autres partis du Conseil fédéral. Le co-président du PS, Cédric Wermuth, met en garde contre la fin des accords bilatéraux et parle de « politique du bouc émissaire »: « L'adoption mettrait en péril notre prospérité et conduirait à un chômage massif ». Le co-président du PLR, Benjamin Mühlemann, qualifie le projet d'« initiative du chaos », qui entraînerait une nouvelle pression migratoire: « Chiasso deviendrait le nouveau Lampedusa, Kreuzlingen le nouveau Moria ».
Le président du Centre, Philipp Matthias Bregy, demande une contre-proposition pour prendre au sérieux les préoccupations de la population: « Amener cette initiative aux urnes sans contre-proposition est un jeu dangereux ».
Remarquablement, même parmi les partisans du PLR (43 % pour, 38 % contre) et du Centre (42 % pour, 43 % contre), l'initiative bénéficie d'un large soutien - bien que les chefs de parti la rejettent.