Quiconque se moque du magnifique hiver qui ne correspond pas à l'apocalypse climatique doit se préparer à affronter le froid: seuls les ignorants confondent la météo avec le climat! Mais cela, c'est du passé. Depuis quelque temps, SRF-Meteo enrichit ses prévisions météorologiques, pas toujours si précises, de prophéties climatiques apodictiques. Il en a été de même le samedi dernier.
Peter Klaunzer/Keystone
Ce que le météorologue Luzian Schassmann a proposé avant le mot théologique du dimanche est allé encore plus loin. Ses enseignements sur les « sceptiques du climat » faisaient partie, selon ses propres termes, d'une campagne de la SRF intitulée «Fait ou Fake?». L'objectif de l'exercice: montrer à la population votante que seule la SRF peut sauver la nation des mensonges et la guider sur le chemin de la seule vérité véritable. La bonne vieille «Prawda» vous salue.
À l'aide de deux exemples, Schassmann veut démasquer les «sceptiques du climat» en tant qu'ambassadeurs d'une hérésie dangereuse. Premièrement, ils affirmeraient que les agglomérations autour des stations de mesure météorologiques ont grandi au fil des décennies, faussant ainsi les données. Et deuxièmement, ils minimiseraient les conséquences du réchauffement climatique en invoquant des effets positifs.
Les deux affirmations ne sont certes qu'à moitié fausses, mais c'est ce qui les rend d'autant plus dangereuses. "La science" prouve, grâce à des mesures satellitaires et des forages de carottes de glace, que le climat se réchauffe et que les inconvénients dus à l'augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes l'emportent.
Préalablement: «La science» n'existe pas. Il n'existe que des scientifiques qui, sur la base de leurs recherches, arrivent à des conclusions divergentes, qui sont ensuite mises en balance les unes contre les autres. Toute théorie n'est pertinente que jusqu'à ce qu'elle soit réfutée par une plus plausible. La science n'est jamais définitive, elle vit de la contradiction, et là où il n'y a pas de contradiction, nous avons affaire à un dogme, donc à une croyance. Et la religion n'a pas sa place dans une prévision météorologique moderne, c'est ce à quoi sert le mot du dimanche.
La prétention selon laquelle les extrêmes météorologiques ont augmenté est également très controversée parmi les scientifiques. Peu de gens contestent que le climat est devenu plus chaud depuis la fin du petit âge glaciaire (environ 1860). Au contraire. La plupart des «sceptiques du climat» soulignent que le climat a toujours été soumis à des fluctuations constantes, quant aux causes desquelles (déplacement de l'axe terrestre, activité solaire, volcans, courants marins, etc.) nous ne pouvons que spéculer. Mais comment pouvons-nous prévoir l'avenir si nous ne comprenons même pas le passé?
L'immixtion maladroite de la SRF dans la campagne de votation sur l'«initiative de réduction de moitié» révèle ce que les critiques reprochent au diffuseur semi-officiel. La Suisse n'a pas besoin d'un ministère de la Vérité, qui protège la nation des informations fausses ou politiquement inopportunes. Au contraire, une démocratie vit de la diversité des sources et des perspectives, permettant à chacun de se faire sa propre idée de la vérité dans une compétition ouverte et sans cesse renouvelée pour le meilleur argument.
SRF n'est manifestement ni disposé ni capable de garantir ce "service public". 200 francs ne sont pas suffisant, ce sont 200 francs de trop. Mais toujours un peu moins que 335 francs.