Le directeur de la justice zurichois, Mario Fehr, a présenté les statistiques criminelles du canton lors d’une conférence de presse. Il n’a pas ménagé ses critiques à l’égard de la Confédération.
Alors que, pour la criminalité selon le statut de séjour, le pourcentage de Suisses a diminué de quatre pour cent, le tourisme criminel a augmenté. Dans ce domaine, ce sont surtout des bandes roumaines qui sont actives et qui occupent la tête du «classement» par nationalités.
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Viennent ensuite les Algériens, les Ukrainiens, les Marocains et les Afghans. S’agissant en particulier des auteurs originaires d’Afrique du Nord, il s’agit presque toujours de personnes sans droit de séjour. «Il n’y a qu’une seule méthode ici: l’expulsion», déclare Mario Fehr.
Pour les Ukrainiens, on constate «un nombre assez élevé de délits sexuels» et un nombre important d’infractions dans le domaine de la violence domestique. Le statut de protection S n’est pas contesté, souligne Fehr, mais ceux qui ne respectent pas la loi et l’ordre doivent être expulsés.
Le canton est intervenu à plusieurs reprises auprès de la Confédération pour que le retrait du statut de protection S soit possible à cette fin. En outre, le canton doit savoir «ce qui va se passer de manière générale avec l’Ukraine l’année prochaine» lorsque le statut de protection S arrivera à échéance au printemps 2027. Fehr: «Berne nous laisse complètement tomber sur ce point.»
Il en va de même pour les Afghans criminels, qui constituent un «véritable groupe à problèmes». Ils ne représentent que 0,4 pour cent de la population résidente, mais sont enregistrés huit fois plus souvent pour des infractions contre l’intégrité corporelle et neuf fois plus souvent pour des infractions contre l’intégrité sexuelle.
Dans ces cas, seule la menace «de pouvoir les expulser du pays» est utile, explique le directeur de la justice zurichois. Mais cela n’a d’effet que si cela fonctionne réellement.
Ces dernières années, il y a eu «énormément d’annonces de la part de l’Office fédéral de la justice» – «et seulement très, très, très peu d’expulsions. Si la Confédération ne change pas cela, nous ne parviendrons pas à maîtriser le problème».