Selon un rapport de Politico, la diplomatie européenne mise de plus en plus sur des signaux ciblés de volonté de coopération au Moyen-Orient afin d’empêcher un désengagement des États-Unis vis-à-vis de l’Ukraine. Quatre diplomates de l’UE ont déclaré au portail d’information qu’à Bruxelles, l’inquiétude grandissait de voir le président américain Donald Trump utiliser le soutien à Kiev comme moyen de pression pour pousser les partenaires européens à s’engager davantage contre l’Iran. Trump a récemment qualifié l’OTAN de «tigre de papier» et reproché aux alliés de ne pas participer à la sécurisation du stratégique détroit d’Ormuz.
Montage der Weltwoche (Vorlage: Tolga Akmen/EPA/Keystone)
Cette évolution pose à l’UE un défi stratégique, car des ressources militaires comme les missiles de défense Patriot sont actuellement consommées en plus grande quantité au Moyen-Orient, alors qu’elles manquent à l’Ukraine pour se défendre contre la Russie. Politico a en outre rapporté qu’un offre russe avait été faite à Washington de mettre fin à la coopération en matière de renseignement avec l’Iran si, en contrepartie, les États-Unis cessaient de transmettre des informations à l’Ukraine. Même si cette offre aurait été rejetée à Washington, elle illustre, selon Politico, le danger que l’Ukraine devienne l’objet de marchandages à l’échelle mondiale. Le président Volodymyr Zelensky a déjà exprimé la crainte que la focalisation des États-Unis sur le Moyen-Orient puisse retarder les efforts de paix dans son pays.
Pour contrer ces évolutions, les principaux responsables politiques européens chercheraient à démontrer leur volonté d’agir sans se laisser entraîner pleinement dans le conflit avec l’Iran. Tandis que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a explicitement salué la destruction des capacités iraniennes comme importante pour la sécurité européenne, le président français Emmanuel Macron s’efforce de trouver des solutions diplomatiques par le biais des Nations unies. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a lui aussi envoyé un signal de bonne volonté en autorisant l’utilisation de bases britanniques pour des attaques contre des cibles iraniennes. Selon des diplomates, un objectif prime derrière ces démarches: satisfaire Trump afin de ne pas perdre le soutien américain à l’Ukraine.