Les élections dans le canton de Berne confirment ce qui s’annonçait: un glissement vers la droite – et un succès historique pour l’UDC. Avec 29,3 pour cent, elle atteint presque trente pour cent de part électorale.
Un parti qui sait près d’un tiers de la population derrière lui mérite aussi une part correspondante du pouvoir. C’est pourquoi il reste un grand bémol pour le parti populaire: l’objectif de conquérir un troisième siège au Conseil d’État a été manqué de peu par le groupe.
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Le résultat envoie néanmoins un signal clair à Berne fédérale – au Parlement comme au Conseil fédéral. Depuis les dernières élections, l’UDC a remporté 13 des 14 scrutins cantonaux. Si, lors des élections nationales de 2027, l’UDC devait également marcher vers les trente pour cent comme elle le fait actuellement à Berne, il n’y aurait tôt ou tard pas moyen d’éviter une adaptation de la formule magique. Une répartition réaliste des sièges devrait alors être: 3 UDC, 2 PLR et Centre, 2 sièges pour la gauche-verte.
Ceux qui pensent maintenant que trois conseillers fédéraux signifieraient automatiquement un tournant politique se trompent toutefois. Même avec un troisième siège, l’UDC resterait minoritaire sur les questions centrales – migration, UE, neutralité. La phalange fermée allant des Verts au PLR demeure unie contre tout ce qui sent l’autodétermination et la souveraineté. Les campagnes orchestrées contre les soi-disant « initiatives du chaos » ou « initiatives Poutine » en sont un exemple emblématique.
La Suisse se dirige insensiblement vers un système bipolaire – ici l’UDC, là le reste. Il serait d’autant plus important que le parti populaire obtienne aussi davantage de poids au niveau gouvernemental. La démocratie signifie que les plus forts peuvent également assumer des responsabilités – et non qu’ils restent systématiquement à l’écart.