Le président américain Donald Trump envisage le retrait des troupes américaines d’Allemagne et veut en même temps imposer aux partenaires de l’Otan un nouvel objectif de cinq pour cent pour les dépenses de défense. Comme le rapporte le quotidien britannique Telegraph, Trump envisage cette mesure depuis son retour au pouvoir l’an dernier; selon des sources gouvernementales, « la frustration que nous avons ressentie à l’égard des Européens est très réelle ».
Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.
C’est donc rien de moins que le consensus de base actuel de l’Alliance qui est remis en question. Selon le rapport, Trump étudie un modèle « pay-to-play »: les États qui, à l’avenir, ne consacreront pas cinq pour cent de leur produit intérieur brut à la défense devraient avoir moins, voire plus du tout, leur mot à dire sur les décisions centrales de l’Otan. Seraient alors concernées les questions d’élargissement de l’Alliance, les missions communes et même les décisions relatives à l’article 5, c’est-à-dire le cas d’assistance mutuelle. Le message est clair: ceux qui, du point de vue de Washington, paient trop peu doivent être rétrogradés politiquement.
En toile de fond se trouve le conflit latent depuis des années sur le partage du fardeau au sein de l’Otan. L’objectif officiel actuel est de deux pour cent. Le rapport annuel de l’Otan publié jeudi fait état pour l’Allemagne, en 2025, de dépenses de défense d’environ deux pour cent du PIB, soit concrètement 52 milliards d’euros provenant du budget ordinaire, plus des moyens supplémentaires issus du fonds spécial de 100 milliards. Du point de vue de Trump, cela ne suffit pas. Selon le rapport, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a déclaré que les chefs d’État et de gouvernement devraient, lors d’un sommet à Ankara plus tard cette année, exposer comment l’objectif suivant de cinq pour cent pourrait être atteint.