Le Grand Conseil du canton de Thurgovie a naturalisé un homme qui était déjà décédé à ce moment-là. Comme le rapporte la SRF, parmi les 140 personnes auxquelles le parlement a accordé la nationalité suisse la semaine dernière figurait également un Allemand de 77 ans, originaire d’Aadorf, qui était décédé au début de l’année.
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Le déroulement montre à quel point la procédure de naturalisation est complexe. Les communes annoncent les décès au canton, où les demandes passent par plusieurs services avant d’être soumises au parlement pour vote. Dans le cas concret, l’information concernant le décès n’est pas parvenue à temps dans le processus politique, ou du moins n’a plus été prise en compte.
«Ce n’est pas un titre qu’on aime lire», a déclaré le président de la commune d’Aadorf, Matthias Küng à la SRF. Il remet fondamentalement en question le fait qu’il soit encore adapté à notre époque que le parlement décide des naturalisations.
Le président du parlement, René Walther, a parlé d’un «enchaînement de circonstances malheureuses». En Thurgovie, l’office de la migration et l’office de l’état civil sont organisés séparément sur le plan numérique. «Nous avons deux pots différents. L’office de la migration et l’office de l’état civil. Ils disposent certes de données similaires, mais pas exactement des mêmes. Et ils n’ont pas le droit d’échanger ces données entre eux», a expliqué Walther. En d’autres termes: une main ne sait pas toujours ce que l’autre vient d’enregistrer.
Le canton rejette l’accusation de manquement. L’information ne s’est pas perdue, mais il n’a plus été possible de réagir à temps lors du vote, car plusieurs niveaux administratifs sont impliqués. Toute adaptation de dernière minute entraîne un effort «énorme». Sur le plan juridique, l’affaire reste sans conséquence: avec le décès, une demande de naturalisation prend fin. Le défunt n’est donc pas devenu citoyen suisse.