Donald Trump remet ouvertement en cause l’adhésion des États-Unis à l’OTAN et menace de se retirer de l’alliance. «Je n’ai jamais été convaincu par l’OTAN», a déclaré le président américain, selon Politico, lors d’un entretien avec le Telegraph.
Le déclencheur est le différend au sujet de la guerre contre l’Iran. Plusieurs partenaires de l’OTAN refusent à Washington le soutien militaire ainsi que l’aide à la sécurisation du stratégique détroit d’Ormuz. Trump y voit un manque de loyauté au sein de l’alliance – et remet politiquement en question le principe de l’obligation d’assistance mutuelle. Sur Truth Social, il a écrit: «Vous allez devoir apprendre à vous battre par vous-mêmes. Les États-Unis ne vous aideront plus, tout comme vous ne nous avez pas aidés.» Dans le même temps, Trump a remis en cause l’alliance de l’OTAN dans son principe même. «J’ai toujours su que c’était un tigre de papier – et Poutine le sait aussi, d’ailleurs», a-t-il déclaré.
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Le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio a tenu le même discours et a ouvertement soumis l’alliance à un examen. «En fin de compte, c’est une décision du président, et c’est à lui de la prendre», a déclaré Rubio sur Fox News. «Mais je pense que, malheureusement, nous allons devoir vérifier si cette alliance, qui a longtemps servi ce pays, remplit encore cet objectif – ou si elle est devenue une voie à sens unique, dans laquelle l’Amérique défend l’Europe tandis que nos alliés nous refusent, en cas d’urgence, des bases et des droits de survol.»
Ces déclarations touchent au fondement même de l’alliance. L’OTAN repose sur l’article 5, le principe de la défense collective. Celui-ci n’a été activé qu’une seule fois – après les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Par la suite, des alliés ont soutenu les États-Unis dans la guerre en Afghanistan; plus de 1100 soldats non américains y ont perdu la vie.
Malgré ces engagements, Trump doute depuis des années de la fiabilité des partenaires et a récemment affirmé que les troupes de l’OTAN s’étaient «plutôt retenues» en Afghanistan. Sur le plan juridique, un retrait des États-Unis reste toutefois difficile: il nécessite l’approbation des deux tiers du Sénat ou une loi du Congrès.