Les impôts et les réglementations déterminent largement l’attrait de la Suisse en tant que place économique. Si le pays veut rester économiquement prospère, le PLR et l’UDC doivent collaborer. Mais les libéraux remettent de plus en plus en question cette coopération avec des tonalités stridentes.
Gian Ehrenzeller/Keystone
«Empêcher d’abord le chaos», claironne aujourd’hui la direction du PLR autour des coprésidents Benjamin Mühlemann et Susanne Vincenz-Stauffacher dans tout le pays. La raison en est l’enthousiasme suscité par les nouveaux accords avec l’UE et l’alarmisme autour de l’initiative de pilotage de la migration («initiative pour la durabilité») de l’UDC, sur laquelle on votera en juin. Si la demande était acceptée, le chaos menacerait – il en résulterait moins d’immigration en provenance de l’UE (sans blague) et davantage de requérants d’asile.
Les lectrices et lecteurs plus âgés se souviendront peut-être du «chaos» dans lequel la Suisse aurait sombré avant l’introduction de la libre circulation des personnes et d’autres accords avec l’UE.
Mais au vu du ton, des attaques et de l’absurdité de l’argumentation, une question se pose: en vue des élections au Conseil national l’an prochain, a-t-il encore un sens que le PLR et l’UDC se soutiennent mutuellement – par exemple pour les candidatures? Les libéraux semblent avoir tranché: leurs partenaires se trouvent manifestement du côté rose-vert.
Cette impression est confirmée précisément par la gauche: le coprésident du PS Cédric Wermuth en a rajouté une couche aujourd’hui – il parle désormais de «l’initiative du chaos extrême».