Les villes allemandes se dirigent vers une crise financière dramatique. Le maire d'Essen, Thomas Kufen (CDU), avertit avec insistance dans le journal Bild: pratiquement toutes les villes allemandes sont désormais au bord de la faillite. Selon Kufen, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, seules dix des 396 villes et communes peuvent encore présenter un budget équilibré - une tendance qui peut être appliquée à l'ensemble du pays.
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Le déficit communal est estimé à environ 30 milliards d'euros à l'échelle nationale pour 2025 - une augmentation de six milliards par rapport à l'année précédente. «La nouveauté, c'est que toutes les villes ont le dos au mur», déclare Kufen au Bild. Même les communes jadis prospères doivent désormais instaurer des gels budgétaires. À Essen, le budget présente un trou de 123 millions d'euros - alors qu'un surplus de 1,7 million était initialement prévu.
Le maire cite comme principales raisons l'explosion des dépenses sociales, l'augmentation des coûts du personnel et les responsabilités transférées par l'État fédéral aux villes – par exemple dans les domaines de l'accueil des réfugiés, de l'intégration et des aides éducatives. Dans le même temps, les subventions de Berlin ne suffisent pas: du paquet fédéral de plusieurs milliards, Essen recevra annuellement environ 28 millions d'euros au cours des douze prochaines années - de quoi financer «deux écoles et demie», selon Kufen.
Mais il ne s'agit pas seulement d'argent. «Moins de bureaucratie, des attributions plus simples et moins de directives» sont nécessaires, réclame le politicien de la CDU. Il met en garde que la démocratie est défendue dans les mairies. «Car c'est là que les citoyens découvrent si l'État fonctionne. Si je peux obtenir une place en crèche, si le réverbère s'allume la nuit. Si tout cela ne peut plus être assuré, les gens qui paient des impôts ont l'impression que les politiciens ne gèrent pas correctement. Et c'est dangereux.»