Le 13 juin, le ministre des Affaires étrangères FDP Ignazio Cassis a annoncé que le Conseil fédéral ne souhaitait pas soumettre le paquet européen à un référendum obligatoire – c'est-à-dire qu'en cas de votation populaire, seule la majorité populaire, et non la majorité des cantons, serait nécessaire.
Hansjörg Seiler a été professeur de droit public à l'Université de Lucerne de 2001 à 2005 et juge fédéral ordinaire de 2005 à 2021; de 2016 à 2021, il a présidé la IIe division de droit public du Tribunal fédéral.
Dans une nouvelle contribution, le juriste a soumis cette évaluation du gouvernement à un examen critique. Seiler conclut que diverses bases constitutionnelles obligent ou du moins permettent légalement un référendum obligatoire.
En particulier, la modification prévue de l'accord sur la libre circulation (ALCP) ainsi que l'adoption de la directive sur la citoyenneté de l'Union (DCU) seraient en contradiction avec l'article 121a de la Constitution fédérale (Cst.). Une approbation de ces accords ne serait donc possible que dans le cadre d'une modification constitutionnelle qui déclenche obligatoirement un référendum constitutionnel.
Les déclarations centrales de sa contribution:
- Selon Seiler, « des arguments essentiels plaident en faveur de soumettre les Bilatérales III au référendum obligatoire sur les traités d'État conformément à l'art. 140 al. 1 let. b Cst.
- L'adoption prévue de la directive sur la citoyenneté de l'UE (DCU) dans le cadre de l'accord sur la libre circulation (ALCP) conduirait à « de nouveaux droits substantiels de séjour » pour les ressortissants de l'UE – y compris le séjour permanent et le regroupement familial – qui diffèrent parfois significativement du droit actuel.
- Seiler constate explicitement une « contradiction entre l'adoption de la DCU et l'art. 121a al. 4 Cst. », car le nouvel accord restreindrait la gestion autonome de l'immigration. Ainsi, « la conclusion des Bilatérales III n'est possible que si au plus tard en même temps, la disposition constitutionnelle est modifiée ».
La contribution critique de l'universitaire souligne ainsi l'importance constitutionnelle du référendum obligatoire ainsi que la pertinence politique d'une large participation du peuple et des cantons dans le cadre des « Bilatérales III ».