Les contrats conclus pendant la pandémie de coronavirus avec les entreprises pharmaceutiques Moderna et Novavax pour l’acquisition de vaccins contre le Covid-19 doivent être rendus publics sur la base de la loi sur la transparence. C’est ce qu’a décidé le Tribunal administratif fédéral en admettant trois recours déposés par différentes personnes privées, dont le conseiller national UDC et avocat Rémy Wyssmann.
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L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) s’était opposé à cette divulgation, qui avait également été recommandée par le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence. L’OFSP avait au contraire ordonné qu’aucune information supplémentaire ne soit fournie en particulier sur les prix, les conditions de livraison, les foros compétents, etc.
L’OFSP avait invoqué à cet égard «l’atteinte à la mise en œuvre conforme aux objectifs de mesures concrètes des autorités», «l’atteinte aux intérêts de politique extérieure ou aux relations internationales de la Suisse» ainsi que des secrets professionnels, d’affaires ou de fabrication.
Le Tribunal administratif fédéral rejette désormais ces arguments de protection. L’accès aux documents n’a pas pour effet «qu’une mesure déjà concrètement définie ne pourrait plus être mise en œuvre de manière conforme aux objectifs avec une probabilité significative». En cas de nouvelle pandémie, il faudrait de toute façon mener de nouvelles négociations dans des circonstances modifiées. De même, «aucun indice ne permet de conclure que les intérêts de politique extérieure ou les relations internationales, ou encore la réputation de la Suisse, pourraient être affectés par la divulgation des documents». En outre, «la preuve d’un intérêt objectif à la confidentialité concernant les informations litigieuses, en particulier les prix convenus, les conditions de livraison, les foros compétents, etc., n’a pas été apportée».
Le tribunal admet donc les trois recours et accorde aux recourants l’accès aux contrats dans la mesure demandée. Les jugements peuvent être contestés devant le Tribunal fédéral.
«Il s’agit ici de montants considérables de deniers publics, se chiffrant en milliards, et de la santé de nous tous. Le citoyen doit donc savoir ce que contiennent exactement ces contrats», déclare le conseiller national Wyssmann. Il est important qu’aucun contrat ne soit conclu dans l’ombre. Le contrôle par le public conduit toujours à de meilleurs résultats. Wyssmann renvoie à cet égard également aux contrats mal, voire pas du tout, négociés avec l’UE ou lors de l’achat des F-35.