Le Service de renseignement de la Confédération suisse (SRC) est à nouveau dans le collimateur des autorités de surveillance. Deux rapports d'audit récents de l'autorité de surveillance AB-ND accusent le service de double échec: une prudence excessive dans le traitement des extrémistes de gauche enclins à la violence et en même temps une dureté excessive envers les opposants aux mesures anti-coronavirus.
TINO PLUNERT / KEYSTONE
Ce qui est explosif: le SRC a illégalement stocké des données sur des personnes qui avaient exprimé des critiques à l'égard des mesures anti-coronavirus. Selon l'AB-ND, il s'agit de moins de dix personnes ou groupes. Ces données auraient dû être légalement supprimées au plus tard après un an – ce qui ne s'est cependant pas produit. Les entrées correspondantes ont depuis été supprimées, a annoncé le SRC.
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En même temps, les rapports révèlent des faiblesses dans le domaine de la lutte contre l'extrémisme de gauche. Malgré 60 incidents violents enregistrés au cours de l'année écoulée, le service de renseignement qualifie la situation de menace de « élevée », mais reste prudent dans ses mesures. L'AB-ND parle d'une « attitude trop prudente » et critique un manque d'utilisation des moyens disponibles. La collaboration avec les cantons s'est enlisée, et la culture de leadership au sein du SRC freine la disponibilité opérationnelle du personnel.
Prisca Fischer, chef de l'autorité de surveillance, demande des conséquences rapides: le SRC doit fouiller dans les bases de données, augmenter son personnel et améliorer sa capacité opérationnelle. « S'il ne le fait pas, il perdra à long terme la capacité d'évaluer le risque lié à la scène extrémiste de gauche », a-t-elle averti.
Le conseiller national Stefan Müller-Altermatt, président de la délégation des affaires de surveillance, parle d'un « risque pour la sécurité » et exige un contrôle plus précis du service.