Qui avait déjà entendu parler d’un homme nommé Joe Kent? Depuis le début de la semaine, il fait la une. Il a démissionné de son poste de directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme. Par protestation. Contre la guerre de Trump contre l’Iran.
Will Oliver/Keystone
Trump n’écouterait pas les critiques, reproche-t-il au président. Il n’y aurait eu «aucune information des services de renseignement» faisant état d’une attaque iranienne majeure imminente.
Et: Israël et son lobby aux États-Unis auraient poussé Trump à entrer en guerre.
La plainte de Kent, dépourvue de faits et formulée dans le podcast en ligne de Tucker Carlson, ressemble davantage à une théorie du complot antisémite qu’à une information crédible.
Elle constitue un festin pour les adversaires de Trump.
Comme on l’a appris récemment, le FBI a ouvert une enquête sur Kent il y a déjà plusieurs mois. Il est soupçonné d’avoir divulgué au public des informations confidentielles.
Les critiques de Kent lui reprochent en outre de défendre une vision du monde antisémite et anti-israélienne.
«Il a depuis longtemps tendance aux théories du complot», écrit le New York Times. Lors de son apparition avec Carlson, «les deux ont propagé des affirmations infondées selon lesquelles Israël aurait pu être impliqué dans une tentative d’attentat contre M. Trump en 2024 ainsi que dans l’assassinat du commentateur de droite Charlie Kirk l’année dernière», poursuit le Times.
Tucker Carlson et d’autres critiques de la guerre parmi les publicistes conservateurs comme Megyn Kelly et Candace Owens diffusent l’idée que Trump aurait trahi la politique «America First». Avec son attaque contre le régime des mollahs, il diviserait sa propre base.
Les sondages auprès des partisans de Trump montrent le contraire.
84 % des électeurs de Trump, dont 94 % des électeurs se définissant eux-mêmes comme conservateurs MAGA, approuvent la décision du président Trump d’ordonner des frappes aériennes américaines contre l’Iran.
C’est la conclusion d’une étude de la Vanderberg Coalition, réalisée après le déclenchement de l’opération «Epic Fury».
À la question de savoir si l’action militaire devait être poursuivie, 86 % des électeurs de Trump répondent «oui». Seuls 6 % des conservateurs MAGA souhaitent que les États-Unis mettent fin à la guerre.
La Vanderberg Coalition est spécialisée dans l’étude des électeurs de Trump et a affiché une grande précision lors de précédents sondages.
Depuis juin 2025, ses enquêtes montrent de manière constante que les électeurs de Trump considèrent le programme nucléaire iranien comme une menace pour les États-Unis, indique encore l’étude actuelle. Ainsi, «85 % des électeurs de Trump déclarent qu’il est “extrêmement important” ou “très important” que l’Iran ne puisse pas obtenir la bombe atomique».
La presse avance souvent l’argument qu’il existerait un fossé entre les générations. Les jeunes conservateurs seraient plus hostiles à Israël.
Là aussi, la Vanderberg Coalition parvient à une autre conclusion: parmi les 18 à 29 ans, 82 % approuvent la décision de Trump de lancer «Epic Fury».
Et: «84 % des électeurs de Trump – dont 93 % des électeurs MAGA – soutiennent le partenariat militaire entre les États-Unis et Israël.»
L’impression se renforce: les grands médias, épaulés par certains faiseurs d’opinion conservateurs comme Carlson, font tout pour minimiser le soutien dont Trump bénéficie au sein de sa propre base.
Selon le récit de la base qui se dérobe, Trump serait un «pilote aveugle» téléguidé par Israël. Des dissidents comme Kent sont des figures utiles pour donner à cette campagne une gravité supposée.
Ils ont peu à voir avec la réalité, comme le suggère le sondage cité.