Des voix de l’AfD ont permis à une motion des Verts visant à restreindre ce que l’on appelle le contrôle des chats d’obtenir une courte majorité au Parlement européen. C’est ce que rapporte le journal Bild. Le vote s’est soldé par 307 voix contre 306, de sorte que la motion n’a été adoptée que grâce au soutien de tous les députés de l’AfD présents, comme il ressort du rapport.
Frederick Florin/Keystone
Concrètement, il s’agissait d’un amendement visant à limiter la surveillance des communications privées au seul matériel déjà connu. Chaque amendement adopté empêche en même temps une prolongation de la dérogation en vigueur, qui permet aux fournisseurs de scanner les contenus, par exemple à la recherche de représentations d’abus sexuels sur enfants. Un accord à ce sujet avait auparavant échoué, bien que, entre autres, la Commission européenne ait insisté pour trouver une solution.
La décision est explosive, car elle relance le débat sur le cordon sanitaire vis-à-vis de l’AfD. Des représentants de la CDU et du PPE reprochent aux Verts et à leurs alliés de s’écarter de leurs propres principes. L’ancien député européen Elmar Brok parle d’« hypocrisie » et critique le fait que l’on refuse d’un côté des compromis avec les forces bourgeoises, tout en travaillant de fait avec les extrêmes politiques de l’autre.
Le vote a également des conséquences sur le fond: si aucune réglementation de suivi n’est adoptée à temps, la pratique actuelle de détection des contenus concernés pourrait prendre fin. Les critiques mettent donc en garde contre des failles de sécurité, tandis que les partisans soulignent la protection de la vie privée.