Il s'agit apparemment d'une folie ordinaire de l'aide au développement suisse. Le Sonntagblick rapporte qu'un Afghan criminel expulsé par le département de la justice et de la police dirigé par Beat Jans (SP) a été refusé à son retour dans la capitale Kaboul. Il a dû plutôt être ramené en Suisse par avion et se trouve depuis lors ici. Le Secrétariat d'État aux migrations (SEM) se tait sur les raisons. Vingt autres Afghans devraient également être rapatriés, les préparatifs sont en cours.
Eliezer Gabriel
En mars 2025, le SEM a décidé d'une pratique plus stricte selon laquelle les hommes célibataires dont la demande d'asile a été rejetée peuvent être renvoyés « dans certaines circonstances ». Jusqu'à présent, personne n'a été renvoyé en vertu de ce changement de pratique. Selon l'aide aux réfugiés suisses, la situation des droits de l'homme se serait continuellement détériorée en Afghanistan depuis la prise de pouvoir des talibans.
Le même jour, la NZZ am Sonntag publie une interview avec la responsable de l'aide au développement suisse sous le titre « Les talibans ont écouté ». Selon Patricia Danzi de la Direction du développement et de la coopération (Deza), la Suisse a rouvert son bureau humanitaire en Afghanistan. Elle a voyagé à travers le pays la semaine dernière et a été reçue par les talibans, qui ont considéré la réouverture du bureau de la Deza comme un « succès significatif ».
Ici se révèle toute la misère de la politique suisse : au lieu de lier la prestation d'aide au développement à la reprise des demandeurs d'asile rejetés, les talibans sont récompensés pour leur obstination par des bienfaits humanitaires. Ils peuvent renvoyer immédiatement et impunément les demandeurs d'asile expulsés en Suisse sans avoir à craindre un seul instant de subir les conséquences de leurs actes. Il conviendrait, dans le cadre d'une politique étrangère et de développement compréhensible et d'un dispositif pénal plus efficace, de veiller enfin à ce que les différents départements coordonnent mieux leurs activités.