À Berlin, de plus en plus de candidats à la police échouent au test d’allemand: en 2024 et 2025, 39,3 % ont été recalés, soit au total 4271 candidats. C’est ce que rapporte le journal Bild, se fondant sur des informations de la police berlinoise. Face à ce taux élevé, le quotidien s’est penché sur la question du niveau réel d’exigence de l’épreuve de langue et a soumis un test type à une épreuve pratique.
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Le test de recrutement proprement dit de la police n’est pas accessible au public. Les candidats se préparent donc à l’aide de programmes d’entraînement qui s’inspirent des épreuves officielles. Selon la maison d’édition Ausbildungspark Verlag, qui propose ces simulations de test, il s’agit de questions reconstituées, étroitement calquées sur l’original. Le syndicat de la police confirme également que ces tests d’entraînement ont été vérifiés, qu’ils reflètent des exigences réalistes et permettent une préparation ciblée.
Dans le « eTrainer » de l’éditeur Ausbildungspark, la rubrique « maîtrise de la langue » est divisée en 23 catégories d’exercices. Sont notamment évalués l’orthographe, la ponctuation, l’usage des majuscules et minuscules, la grammaire et les formes de mots. S’y ajoutent des textes à trous, des prépositions ainsi que des exercices de logique. Pendant l’épreuve, le temps est compté: selon le type de tâche, les candidats disposent de deux minutes et demie à quatorze minutes.
Une des épreuves consiste en une dictée d’environ 200 mots. « Chaque phrase est d’abord lue à vitesse normale, puis distinctement et au ralenti. Après au maximum quatre mots, une pause est marquée », écrit le journal Bild à propos du scénario de l’épreuve. Jusqu’à sept fautes sont tolérées pour l’exercice de dictée. Malgré cela, plus d’un tiers des participants ont échoué.
Le taux élevé d’échec au test d’allemand de la police berlinoise a des conséquences: toutes les places de formation ne peuvent pas être pourvues. Sur douze classes prévues, deux ont dû être récemment supprimées. « Lundi, 200 apprentis commenceront dans la catégorie du service intermédiaire au sein de la police berlinoise, alors que 312 auraient été possibles », déclare Benjamin Jendro, porte-parole du syndicat de police GdP, au journal Bild. Des problèmes se posent à tous les niveaux de diplôme. « Il n’y a pas que l’allemand qui pose des difficultés, mais aussi le sport ou l’éducation civique », ajoute Jendro. Le test de langue devient ainsi de plus en plus un goulot d’étranglement pour la relève policière dans la capitale.