La conseillère nationale UDC Magdalena Martullo-Blocher émet une critique sévère dans une interview au NZZ sur les accords prévus avec l'UE. «Même le Conseil fédéral ne sait plus ce que ses gens ont négocié», déclare la cheffe d'Ems.
Elle voit dans ces accords une érosion massive de la démocratie directe et une expansion de la bureaucratie. «Le droit de l'UE, que nous adopterons, deviendra directement partie intégrante de l'ordre juridique suisse», avertit-elle. Et de poursuivre: «Le peuple n'aurait plus rien à dire dans la plupart des cas.»
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Particulièrement dangereuse, dit-elle, est le transfert de pouvoir vers l'administration: «80% du droit de l'UE serait appliqué directement – sans parlement, sans peuple.» Les expériences avec des accords existants ont montré que les autorités suisses ont jusqu'ici toujours approuvé les directives de l'UE. Ainsi, l'indépendance de la Suisse est une illusion.
Économiquement aussi, Martullo-Blocher ne voit aucun avantage. L'UE est «un espace plein d'insécurité juridique». Les entreprises suisses peuvent déjà aujourd'hui faire certifier leurs produits sans problème dans l'UE.
En revanche, elle estime que les coûts de plusieurs milliards résultent de réglementations supplémentaires. «En entrant en vigueur, nous adopterons 20'000 pages de droit de l'UE, 150'000 nouvelles pages s'y ajoutent chaque année», affirme Martullo-Blocher.
Elle qualifie l'accord sur l'électricité de particulièrement nuisible: «Nous mettons notre énergie hydroélectrique au service de l'UE et n'avons plus notre mot à dire.» L'électricité ne deviendrait ni moins chère ni plus sûre, bien au contraire: les pays de l'UE poursuivraient leurs propres intérêts et, en cas de doute, commenceraient par approvisionner leurs propres citoyens.
Elle rejette également avec véhémence l'accord alimentaire. Il menace les agriculteurs, le commerce de détail et la gastronomie avec un flot de contrôles. Les contrôleurs de l'UE auraient presque une immunité diplomatique et pourraient «inspecter à leur discrétion les restaurants, les magasins de village ou les fermes». «C'est un nouveau type de gardien étranger», avertit Martullo-Blocher.
Son bilan est clair: «Les accords ne nous apportent rien – ni démocratiquement ni économiquement. La Suisse est plus forte sans.»