La police criminelle de Heilbronn enquête sur un retraité pour soupçon d’injure, après que celui-ci aurait qualifié le chancelier fédéral Friedrich Merz de « Pinocchio » sur Facebook, rapporte le journal Junge Freiheit. Selon le journal « Heilbronner Stimme », la préfecture de police a confirmé qu’un commentaire correspondant avait fait l’objet d’un signalement sur la base de l’article 188 du Code pénal.
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Avant une visite de Merz et du ministre-président du Bade-Wurtemberg, Winfried Kretschmann, en octobre dernier, l’homme avait écrit sous un avis de la police concernant une interdiction temporaire de survol: « Pinocchio vient à HN », accompagné d’un émoji au long nez. L’équipe des réseaux sociaux de la préfecture de police est tombée sur cette publication lors d’un contrôle et a ouvert une procédure pour soupçon d’injure à l’encontre de personnes de la vie politique.
L’affaire rappelle le scandale dit du « crétin » autour de l’ancien ministre de l’Économie Robert Habeck. À l’automne 2024, une perquisition au domicile d’un retraité bavarois avait fait les gros titres dans tout le pays, après que celui-ci avait partagé un mème portant l’inscription « Crétin professionnel ». Là aussi, l’enquête s’appuyait sur l’article 188 du Code pénal. La procédure a ensuite été classée.
Le retraité de Heilbronn a appris l’existence de l’enquête fin janvier et a qualifié la démarche de « totalement disproportionnée ». Des experts en droit considèrent l’appellation « Pinocchio » comme un jugement de valeur admissible, pouvant relever de la liberté d’expression garantie par l’article 5 de la Loi fondamentale. Les responsables politiques de premier plan doivent supporter des critiques acerbes. Le parquet doit désormais décider s’il engage des poursuites ou s’il classe l’affaire. En cas d’inculpation, les juristes jugent qu’une simple amende serait au maximum probable.