Fatih Birol, le chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), trouve des mots clairs pour le chemin particulier de l'Allemagne dans la politique énergétique. Lors d'un entretien avec le Welt, l'économiste a qualifié la sortie du nucléaire d'« erreur historique ».
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Il se félicite explicitement que le chancelier Friedrich Merz le reconnaisse désormais. Selon Birol, l'Allemagne a massivement sapé sa compétitivité et sa sécurité énergétique en renonçant simultanément au charbon et à l'énergie nucléaire.
Alors que l'Allemagne a mis hors service ses réacteurs, l'énergie nucléaire connaît un « retour en force » dans le monde entier. Birol cite comme principaux moteurs la quête de souveraineté nationale ainsi que la demande croissante d'électricité due à l'intelligence artificielle et à la mobilité électrique.
L'année 2025 a marqué une année de record mondial pour la production d'électricité nucléaire. « Presque le monde entier se tourne à nouveau vers l'énergie nucléaire. Cela devrait faire réfléchir les Allemands », avertit le président de l'AIE.
Pour une correction de cap future, Birol conseille à l'Allemagne de porter son attention sur les petits réacteurs modulaires (PRM). Ces « mini-centrales nucléaires » devraient être commercialement prêtes au début des années 2030, beaucoup moins chères en série et plus rapides à construire que les grandes installations traditionnelles.
Birol doute que les énergies renouvelables seules suffisent à sauver le site industriel. L'Allemagne a besoin de sources d'énergie supplémentaires fiables, car le vent et le soleil atteignent leurs limites.
Il mise sur un retour à la « raison allemande ». Comme le montre l'exemple du Japon, l'acceptation publique de l'énergie nucléaire peut rapidement changer dès que les prix de l'électricité augmentent fortement. L'aveu du chancelier est un premier pas pour assurer la modernisation et la prospérité à long terme.