La priorité accordée à l’énergie éolienne dans la loi sur les énergies renouvelables (EEG), initiée par Robert Habeck, viole la Loi fondamentale. C’est la conclusion d’un avis juridique inédit du constitutionnaliste Volker Boehme-Nessler de l’Université d’Oldenbourg. L’accusation centrale: la priorité légale imposée aux énergies renouvelables dans les mises en balance judiciaires serait incompatible avec la Constitution – parce qu’elle priverait de fait la justice de son pouvoir d’appréciation, rapporte le journal Die Welt.
Ronald Wittek/DPA/Keystone
En 2023, le ministre de l’Économie de l’époque (Verts) avait stipulé, dans le cadre de sa révision de l’EEG, que la construction et l’exploitation d’installations de production d’électricité verte relevaient d’un « intérêt public supérieur » et servaient à la protection de la « santé et de la sécurité ». Depuis lors, les tribunaux devaient, lors des mises en balance entre droits des citoyens et énergie éolienne, trancher automatiquement en faveur des énergies renouvelables.
« Le résultat est déjà fixé à l’avance. Les énergies renouvelables priment toujours », indique l’expertise. Une mise en balance dont le résultat est prédéterminé par la loi n’est « en fait plus une véritable mise en balance » – une rupture avec l’un des « instruments centraux du droit administratif moderne ».
Sont particulièrement concernées les actions intentées par des collectifs de citoyens qui s’opposent à des projets éoliens dans leur environnement – par exemple en raison d’atteintes à la propriété, à la liberté professionnelle ou à l’intégrité physique. Selon le juriste, la loi neutralise des droits fondamentaux essentiels: « L’impératif climatique absolu de l’article 2 de l’EEG viole le principe de durabilité inscrit à l’article 20a de la Loi fondamentale. »
Le ministère fédéral de l’Économie, dirigé par la ministre CDU Katherina Reiche, a rejeté les objections constitutionnelles. On n’y voit aucun problème, le législateur disposant d’une « large marge d’appréciation ».