Ce n’est pas seulement la rédaction étrangère de Tamedia qui est pilotée depuis l’Allemagne par la collaboration avec la Süddeutsche Zeitung. Depuis quelques mois, Annalena Müller, venue d’Allemagne, travaille au sein de la rédaction parlementaire de Tamedia à Berne – et montre à la Suisse comment faire de la politique.
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Les recherches de l’historienne Annalena Müller ont notamment été financées par le Fonds national suisse. Comme ses travaux scientifiques n’avançaient pas vraiment, elle s’est reconvertie en 2023 dans le journalisme catholique, d’abord pour le portail en ligne «kath.ch», puis pour le «Pfarrblatt» bernois. Dans les deux cas, son départ s’est fait avec fracas.
Annalena Müller écrit désormais pour Tamedia sur la politique suisse. Et elle gâche aux Suisses leurs piliers étatiques. «La Suisse se cache derrière la neutralité», laisse-t-elle fulminer une «experte de l’Iran». Et elle met en garde: «La Suisse laisse construire des drones d’attaque mortels.» Ou encore, elle cite Florian Schütz, le directeur de l’Office fédéral de la cybersécurité: «La neutralité ne protège pas contre les cyberattaques».
Faut-il donc liquider la neutralité? L’affirmation du chef de la cybersécurité Schütz est à peu près aussi intelligente que de prétendre: «La garantie de la propriété ne protège pas contre le vol.» Ou: «Le code de la route ne protège pas contre les accidents.» Personne n’a jamais soutenu que la neutralité protège notre pays à cent pour cent. Mais pour faire le maximum en vue de cette protection, nous nous dotons d’une armée et d’un haut fonctionnaire coûteux, Florian Schütz.
Que ce dernier critique la neutralité, garantie à deux reprises dans la Constitution fédérale, est une chose. Qu’Annalena Müller, venue d’Allemagne, dénigre aux Suisses leur maxime d’État éprouvée en est une autre. Si la Suisse neutre ne lui convient pas, elle devrait peut-être se demander pourquoi elle a quitté sa patrie membre de l’OTAN pour venir précisément s’installer en Suisse.