La Commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen est à nouveau sous pression: selon les déclarations du rédacteur en chef du site d'information Euractiv, Matthew Karnitschnig, son média figure sur une « liste d'ennemis » officieuse depuis sa couverture critique de la présidente de la Commission. Dans un commentaire, Karnitschnig accuse l'entourage de von der Leyen de lancer des attaques verbales ciblées contre ses journalistes et d'exclure systématiquement le magazine des discussions d'arrière-plan, rapporte le portail Apollo News.
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L'accusation est lourde: Euractiv avait notamment rapporté de manière critique des plans pour un service de renseignement européen et sur la supposée mauvaise représentation par von der Leyen d'une attaque GPS russe sur son avion de service. Le Financial Times avait à l'époque rapporté que des signaux brouilleurs russes avaient rendu nécessaire une approche à l'atterrissage avec des cartes papier – ce qui s'est avéré par la suite être faux.
Depuis lors, Euractiv a été exclu des « briefings de fond » des sommets de la Commission – ces réunions informelles lors desquelles des journalistes sélectionnés sont informés par les conseillers de la présidente avec des informations stratégiques. Pour Karnitschnig, il s'agit d'un signe clair: « Ils veulent créer des chroniqueurs de cour au lieu de promouvoir un journalisme indépendant. »
Euractiv est considéré comme clairement pro-européen et s'est jusqu'à présent toujours situé dans le cadre d'un discours constructif sur l'UE. Le fait qu'un tel média soit particulièrement visé par le siège de la Commission montre selon les observateurs une évolution inquiétante à Bruxelles: les voix critiques devraient apparemment être intentionnellement marginalisées – même lorsqu'elles sont fondamentalement positives envers le projet européen. Tout récemment, l'ancien officier des services de renseignement suisses et colonel de l'état-major général Jacques Baud a également été placé sur la liste des sanctions.