La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, rejette fermement, à la veille du sommet informel de l’UE, les critiques des États membres concernant la frénésie réglementaire de Bruxelles. Face à l’érosion de la compétitivité industrielle par rapport aux États-Unis et à la Chine, elle a appelé les chefs d’État et de gouvernement à balayer devant leur propre porte et à démanteler leurs monstres bureaucratiques nationaux ainsi que les barrières protectionnistes, rapporte le portail Politico. Bruxelles ne doit plus servir de bouc émissaire pour les échecs économiques pendant que les capitales bloquent le marché intérieur par des voies nationales particulières.
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Dans deux discours combatifs, von der Leyen a désigné les législateurs nationaux comme les véritables freins de l’économie européenne. Elle a évoqué des obstacles absurdes au sein du marché intérieur, comme les différentes limites de poids pour les camions en Belgique et en France, qui entravent depuis des années le commerce transfrontalier. Alors que la Commission a déjà élaboré des paquets de déréglementation visant à économiser 15 milliards d’euros par an, les États membres sabotent souvent les progrès en réclamant des dérogations nationales ou en maintenant des pratiques obsolètes – comme la communication par fax.
C’est surtout de Berlin et de Rome que souffle un vent glacial à l’encontre de la présidente de la Commission. Le chancelier fédéral Friedrich Merz et le gouvernement italien exigent, dans un document commun, que l’UE renonce à de nouvelles législations contraignantes et retire des projets existants. Merz a qualifié les institutions bruxelloises de « machine » produisant sans relâche de nouvelles règles et a rendu la Commission directement coresponsable de la faible croissance.