La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, fait l’objet de critiques croissantes en provenance des capitales européennes en raison de son approche dans le conflit avec l’Iran. Comme le rapporte le portail Politico, plusieurs diplomates l’accusent de dépasser ses compétences et de se poser en représentante de la politique étrangère de l’Union européenne.
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Neuf diplomates, fonctionnaires de l’UE et députés de différents États membres critiquent l’attitude de la cheffe de la Commission. Dans les premiers jours de la campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran, elle aurait eu de nombreux entretiens téléphoniques avec des chefs d’État européens et du Golfe et aurait publiquement défendu des positions allant au-delà du consensus commun des États membres de l’UE.
La députée européenne française Nathalie Loiseau s’est montrée particulièrement irritée. « J’ai eu l’impression d’halluciner… quand j’ai vu Ursula von der Leyen appeler les chefs d’État des pays du Golfe. » La présidente de la Commission ne dispose ni d’un service diplomatique, ni d’un mandat, ni de ses propres informations de renseignement. Loiseau: « Ses paroles n’ont pas de valeur au-delà de sa déclaration personnelle. »
Formellement, la coordination de la politique étrangère de l’UE relève de la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, qui est chargée de mettre en cohérence la position des 27 États membres. Des diplomates mettent en garde contre le risque que des initiatives parallèles de la présidente de la Commission laissent les partenaires internationaux dans l’incertitude quant à la véritable ligne de l’Union.
La Commission européenne rejette ces accusations. Une porte-parole a déclaré que von der Leyen exerçait une « direction politique des politiques extérieures de la Commission » conformément aux traités de l’UE. Les contacts avec les chefs d’État et de gouvernement étrangers feraient partie de ses fonctions.