Quand Saint Martin partageait encore son manteau avec un nécessiteux sur le billet de cent francs, c'était plus que du papier imprimé. C'était une déclaration solide. Car avec l'argent papier, le conceptuel comme la confiance et la crédibilité s'allient au matériel comme la valeur et la stabilité.
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A présent, l'esprit du temps a également touché le deuxième saint des suisses -à côté du passeport. Déjà Oncle Picsou savait : l'argent est une affaire sérieuse. Il ne peut y avoir ni cogestion ni fioritures. Un Écu est et reste un Écu. Ce n'est pas le cas des douze propositions pour la nouvelle série de billets.
La seule bonne nouvelle : le billet de mille francs devrait continuer à exister. En revanche, les projets semblent être une invitation déguisée à l'abolition de l'argent liquide. Qui veut payer avec une vache sur le billet de cent francs, une meule de fromage, une salamandre comme peinte avec Coraldraw (ou même une chauve-souris !), un bloc de roche ou un téléphérique.
La Banque nationale suisse, l'un des plus grands hedge funds du monde qui a réalisé un bénéfice de plus de 80 milliards de francs en 2024, veut probablement tester à quel point elle peut paraître sérieuse avec un bonnet de fou et un nez rouge de clown. Et présente ainsi 12 essais inadaptés de nouvelles séries de billets - soumis à vote.
Vache ou fromage, « la Suisse et ses altitudes », tel aurait été le thème du concours. En ont résulté douze voies vers les bas-fonds du plus vil graphisme de débutant. Saint Martin, à l'aide, personne ne peut-il arrêter cela ?