L'ancien Premier ministre tchèque Andrej Babiš revient sur la scène politique - avec un coup d'éclat. Lundi, le milliardaire et chef du parti ANO a signé une coalition gouvernementale avec le SPD de droite et le petit parti pro-automobiliste Motoristé sobě. Ensemble, les partenaires disposent de 108 des 200 sièges à la Chambre des députés de Prague - suffisamment pour faire de Babiš à nouveau le chef du gouvernement.
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Les alarmes résonnent particulièrement à Bruxelles. Car la nouvelle coalition de Babiš n'annonce pas seulement son opposition à des programmes climatiques comme le système européen d'échange de quotas d'émission ETS2 et l'interdiction des moteurs thermiques - le soutien à l'Ukraine est également en débat. Selon Politico, les partis de la coalition veulent « réduire les aides militaires et financières à Kiev ». Ainsi, Prague s'oppose ouvertement pour la première fois à la dominante politique pro-Ukraine de l'UE. De plus, la coalition souhaite coordonner plus étroitement avec la Hongrie et la Slovaquie sur des questions centrales, notamment une politique stricte en matière d'asile, la garantie constitutionnelle de la couronne tchèque ainsi qu'un contrôle étatique renforcé dans le secteur énergétique.
Le président de la République, Petr Pavel, avait déjà chargé Babiš le 27 octobre de former un nouveau gouvernement. Cette décision a suivi les élections parlementaires des 3 et 4 octobre, au cours desquelles le parti ANO a obtenu 34,5 % des voix et est devenu la force la plus forte avec 80 sièges. Avec la coalition scellée, la voie est désormais libre pour la nomination officielle de Babiš en tant que Premier ministre. Son nouveau cabinet devrait prendre ses fonctions en décembre et doit encore obtenir un vote de confiance parmi les députés dans les 30 jours.