Le gouvernement allemand réévalue sa position sur les exportations d’armes vers Israël. Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul (CDU) a évoqué une réorientation fondamentale dans une interview avec le Süddeutsche Zeitung : « Nous avons changé notre langage et, dans un prochain temps, nous changerons probablement aussi nos actions politiques. »
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Le changement de cap est motivé par la situation humanitaire de plus en plus critique dans la bande de Gaza. Selon Wadephul, la poursuite des livraisons d’armes à Israël par le gouvernement allemand dépendra principalement de la compatibilité de l’action israélienne à Gaza avec le droit international humanitaire. « Nous l'examinons, et sur la base de cet examen, nous autoriserons éventuellement d’autres livraisons d’armes », a affirmé Wadephul. Lorsqu’on l’a interrogé sur une possible suspension partielle des livraisons, il est resté évasif.
Cette déclaration marque un revirement par rapport à la position précédente. Il y a encore quelques semaines, Wadephul avait souligné dans une interview avec la chaîne américaine "Fox News" que l'Allemagne a fourni des armes et poursuivra cela à l'avenir. Pourtant, le gouvernement fédéral se distancie désormais de cette déclaration et envisage un examen plus ouvert des exportations d’armes. Le chancelier fédéral Friedrich Merz (CDU) a lui aussi récemment critiqué l’intervention militaire israélienne. Lors du forum européen du WDR, il a déclaré : « Franchement, je ne comprends plus les actions de l'armée israélienne. »
Les réactions aux nouvelles déclarations de Berlin sont partagées. Josef Schuster, président du Conseil central des Juifs en Allemagne, a déclaré à la Welt qu'il s'agissait d'un « changement de rhétorique » qui suscite l'insécurité chez de nombreux Juifs en Allemagne. Il a mis en garde contre l'utilisation du terme « solidarité forcée », comme l’a fait récemment Wadephul, et a souligné : « La sécurité, l'existence d’Israël fait partie de la responsabilité historique de l'Allemagne. »