Du point de vue du Conseil fédéral, ce dimanche de votations a été efficace. Avec Karin Keller-Sutter et Albert Rösti, deux membres du gouvernement ont suffi pour participer à la conférence de presse obligatoire sur les résultats des quatre objets soumis au vote. La ministre des Finances s’est exprimée sur l’imposition individuelle et l’initiative sur l’argent liquide. Le ministre des médias et de l’environnement sur l’initiative concernant la SSR et celle sur le fonds climatique.
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Albert Rösti n’a eu aucune occasion, lors de la séance de questions qui a suivi les déclarations officielles, de discuter de l’initiative pour le fonds climatique du PS et des Verts, qui a subi un échec retentissant. Pas une seule question n’a été posée à ce sujet au conseiller fédéral UDC par les journalistes. Cela n’a malheureusement rien de surprenant: selon une étude, plus des trois quarts des journalistes suisses déclarent être proches, politiquement, du PS et des Verts. Il est donc logique que la défaite à 71 % soit tout simplement passée sous silence par les médias.
Mais tandis qu’il reste encore relativement normal que, par exemple, Kaspar Surber du journal de gauche WOZ tente de pousser le ministre bourgeois des médias sur une pente glissante, et que Jacqueline Büchi du Tages-Anzeiger, plutôt classé à gauche, s’inquiète de la manière dont le Conseil fédéral réglera un jour l’équilibre politique de la couverture de la SSR dans la concession, on aurait au moins pu s’attendre à des questions des journalistes de la SSR sur les deux objets. Rien de tel.
Avec Philipp Burkhardt, c’est le chef de la rédaction du Palais fédéral de la SSR en personne qui a posé deux questions à Rösti, mais aucune sur le fiasco climatique du PS et des Verts; cela se comprend, d’autant plus que son employeur a, pendant des années, propagé la catastrophe climatique. À la place, Burkhardt s’est audiblement agacé, lors de la conférence de presse, du fait que le Conseil fédéral souhaite s’occuper d’une couverture équilibrée du service public audiovisuel malgré le non clair à l’initiative SSR.
Selon lui, la question d’une orientation trop à gauche ne serait qu’un débat interne aux initiants et ne serait nullement incluse dans la volonté populaire exprimée. Par conséquent, l’équilibre politique ne devrait même pas être pris en compte par le Conseil fédéral dans la discussion à venir sur la conception de la concession, a estimé Burkhardt en substance.
Le conseiller fédéral Rösti s’est vu contraint d’attirer l’attention du chef de la rédaction du Palais fédéral de la SSR sur une particularité de la démocratie directe, à savoir qu’il n’est souvent pas idiot d’intégrer aussi les critiques des perdants dans l’élaboration des décisions futures.
Quoi qu’il en soit, le débat sur l’équilibre politique de la SSR et de ses journalistes se poursuivra tant que – comme lors de la conférence de presse sur les résultats des votations – la partialité et l’omission délibérée de vérités dérangeantes seront visibles de tous devant les caméras.