La montée des tensions entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, met en lumière, selon un rapport de « Politico », une question de pouvoir ouverte dans la politique étrangère européenne. C’est ce que rapporte le portail en se fondant sur les déclarations de plusieurs diplomates et fonctionnaires de l’UE.
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Le déclencheur est la réaction de l’UE aux attaques américaines et israéliennes contre l’Iran. Alors que von der Leyen et le président du Conseil européen, António Costa, ont publié samedi matin une déclaration commune appelant à une « retenue maximale », Kallas avait déjà publié une demi-heure plus tôt une déclaration séparée, évoquant des solutions diplomatiques. Selon le rapport, les deux principales responsables politiques ne se sont pas parlé directement durant le week-end.
« La rivalité entre Kaja Kallas et Ursula von der Leyen est évidente », a déclaré la présidente de la commission de la défense et de la sécurité au Parlement européen, Marie-Agnes Strack-Zimmermann. « Elle reflète une répartition des compétences en matière de politique étrangère européenne qui n’est pas toujours clairement équilibrée. »
Historiquement, la représentation extérieure de l’UE incombe au haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité – actuellement Kallas – et au Service européen pour l’action extérieure (SEAE), dont le mandat est institutionnellement distinct de celui de la Commission. Mais comme les crises géopolitiques affectent de plus en plus des domaines politiques centraux, tels que la migration, l’énergie et les chaînes d’approvisionnement de l’UE, l’équilibre se déplace. Depuis le début de son deuxième mandat, von der Leyen renforce délibérément l’influence de la Commission dans la politique étrangère, notamment avec une nouvelle direction générale pour le Moyen-Orient (DG MENA). Au Parlement européen, l’inquiétude grandit donc face au manque de clarté institutionnelle et aux chevauchements de compétences.
« Nos partenaires dans le monde ont raison – ils ne savent souvent pas à qui s’adresser », déclare le député européen Nacho Sánchez Amor à Politico. Le rapport montre que, dans une phase de crises internationales, Bruxelles se bat non seulement pour son influence à l’extérieur, mais aussi pour les compétences en son sein.