Ursula von der Leyen risque un vote de censure au Parlement européen. Le contexte est l'affaire « Pfizer-Gate » : un jugement de la Cour de justice de l'UE a critiqué la présidente de la Commission pour manque de transparence dans la divulgation des messages SMS avec le chef de Pfizer pendant la pandémie de Covid-19. L'eurodéputé roumain conservateur Gheorghe Piperea a annoncé, selon le Financial Times, son intention de déposer une motion en ce sens, soutenue par plus de 72 députés.
SEAN KILPATRICK / KEYSTONE
Bien qu'il soit peu probable que la majorité des deux tiers nécessaire soit atteinte au Parlement, cette initiative pourrait néanmoins avoir des conséquences politiques. Von der Leyen pourrait être contrainte de faire davantage de compromis avec ses adversaires politiques pour assurer son deuxième mandat. Points sensibles : certains membres de son propre Parti populaire européen (PPE) seraient également en faveur de l'initiative de Piperea.
Le jugement de la Cour de l'UE stipule que la Commission, en affirmant que les messages étaient introuvables, a enfreint le principe de « bonne administration ». Piperea parle d'un « schéma d'arrogance institutionnelle et de mépris pour le contrôle démocratique » qui sape la confiance dans la gouvernance de l'UE.
Des critiques supplémentaires émanent des socialistes-démocrates et des libéraux : ceux-ci se sont plaints du retrait à la dernière minute d'une loi contre le prétendu verdissement trompeur – juste quelques jours avant l'accord prévu avec le Conseil. Le Parlement a également été contourné dans la décision relative à de nouvelles dettes européennes pour le renforcement militaire, décision que les membres de la commission des affaires juridiques souhaitent maintenant examiner juridiquement.